Il existe une vraie dynamique d’installation en production de lait de chèvre en Bretagne. « Nous avons une vingtaine de sollicitations chaque année pour une douzaine d’installations par an », se réjouit Juliette Bethorel, conseillère en production caprine à la chambre régionale d’agriculture de Bretagne.

60% des éleveurs en circuits courts

La moyenne d’âge des candidats à l’installation en 2021 est de 30,5 ans. La filière a vu arriver de nouveaux profils après la crise sanitaire. « « Nous avons des personnes en reconversion professionnelle souhaitant s’installer seules. Elles apprécient la chèvre, un animal facilement manipulable », note la conseillère.

À l’heure actuelle, la Bretagne compte 164 élevages caprins. 60 % d'entre eux sont en circuits courts et en production fermière. Les 40 % restants sont en filière longue avec la présence de deux acteurs majeurs sur le territoire : Olga (ex-Triballat ) et Agrial.   

Croissance des débouchés

L'engouement s’explique aussi par de bons résultats. Ces derniers temps, les clignotants sont au vert en filière longue avec un prix de base moyen autour de 760 €/ 1 000 l et des prix garantis sur 5 ans, même si les éleveurs, comme dans les autres productions, subissent la flambée des charges.

« De façon structurelle, nous connaissons une croissance de tous nos débouchés (GMS, exportations…) qui nécessite des volumes supplémentaires.Le "chèvre" est sorti du simple plateau de fromage. Il y a une demande plus forte en fromages ingrédients », justifie Mickaël Lamy, producteur Agrial représentant la coopération au sein de l’interprofession Anicap*. Celle-ci était d’ailleurs présente lors du Space pour promouvoir la filière auprès des éleveurs ou de futurs candidats.

Tout l’enjeu est de garder cette dynamique. Le manque de main-d’œuvre est un facteur limitant pour cette production non robotisée. Les producteurs recherchent des salariés qualifiés notamment pour se faire remplacer.

* Association nationale interprofessionnelle caprine