« Les sangliers séropositifs infectés peuvent propager la maladie de manière bien plus étendue que des sangliers viropositifs, qui développent et subissent la maladie », estime le ministère de la nature et de la ruralité de Wallonie, dans un arrêté publié le 1er octobre 2019. C’est à la suite d’analyses sérologiques effectuées sur des sangliers abattus dans la zone infectée belge que la séropositivité de certains spécimens a été détectée.

 

« L’indice de survie de ces sangliers est relatif dans la mesure où ces analyses ne permettent pas de déterminer si les animaux séropositifs abattus ont développé des anticorps qui seraient de nature à contrevenir naturellement à la propagation de la maladie, ou si le virus est simplement en situation dormante », précisent les autorités Wallonnes.

« Pas de signe de contamination »

Il n’existe donc « aucune preuve formelle permettant d’établir que ces survivants ne sont pas des excréteurs susceptibles de contaminer ultérieurement leurs congénères non immunisés ou des porcs d’élevage, tant en cas de mort naturelle par l’effet de la nécrophagie que par l’effet d’une baisse d’immunité permettant au virus permettant au virus de reprendre vigueur. »

 

S’appuyant sur la littérature scientifique, le ministère wallon estime que « les animaux séropositifs doivent être considérés comme des individus positifs au virus et détruits », considérant que « le risque de propagation de la maladie s’en trouve d’autant plus élevé dès lors que ces sangliers ne manifestent pas de signe avant-coureur de contamination de la maladie ».

Risque d’endémie

Jusqu’alors, la situation épidémiologique était pourtant encourageante outre Quiévrain. « De moins en moins de cadavres sont découverts », rapporte le service public de Wallonie. Le dernier animal testé positif à la maladie remonte au 11 août 2019. « La recrudescence de l’épidémie de PPA résultant des naissances de 2019 qui était crainte n’a pas eu lieu » (voir la carte ci-dessous).

 

Carte de prélèvement des sangliers en Belgique, actualisée le 7 octobre 2019. © SPW
Carte de prélèvement des sangliers en Belgique, actualisée le 7 octobre 2019. © SPW

La découverte de sangliers résistants au virus vient donc changer la donne. « Il est impératif d’éviter que la maladie devienne effectivement endémique, sous peine de voir l’ensemble des investissements humains et financiers consentis jusqu’alors réduits à néant. » Le 7 octobre dernier, les autorités wallonnes ont annoncé le lancement d’un « important dispositif de destruction par tir à l’affût » en zone infectée. La circulation de promeneurs ou de cyclistes y est interdite jusqu’à nouvel ordre.