. C’est la plus forte hausse annuelle depuis 2011.

 

Trois causes principales

Le ministère de l’Agriculture identifie trois principales explications à cette flambée des charges :

  • La nette reprise économique mondiale en 2021, ayant causé une forte tension sur les marchés de l’énergie ;
  • Les stocks et approvisionnements limités en gaz norvégien et russe, impactant directement (intrants) et indirectement (hausse des prix des engrais azotés) les exploitations ;
  • La demande mondiale en matières premières agricoles en hausse, couplée à une baisse de production dans certains grands pays exportateurs, poussant les coûts de l’aliment vers le haut.

 

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La plus forte hausse depuis 2008

« Comme en 2008 et 2011, la hausse du prix des intrants porte essentiellement sur les engrais et amendements (+32,2 %), les dépenses en énergie carburants (+19,7 %) et les aliments pour animaux de ferme (+11,2 %) », détaille le ministère.

 

La plus forte progression concerne les engrais simples azotés, dont les prix bondissent de 49,4 %. Les solutions azotées et l’urée sont particulièrement concernées avec près de 60 % d’augmentation. L’augmentation de leurs prix a accéléré tout au long de 2021, « et plus particulièrement au dernier trimestre, si bien qu’en décembre, ils font plus que doubler sur un an », précise-t-il.

 

Les hausses sont également sensibles pour les engrais simples phosphatés (+34,1 %) et les engrais simples potassiques (+16,6 %), ainsi que pour les engrais binaires (+26,6 %) et les engrais ternaires (+17,7 %).

Hausse des prix du gaz et offre limitée

Ce renchérissement généralisé des engrais est d’abord une conséquence de la hausse du prix du gaz : le méthane représente environ 70 % du prix des engrais azotés. Il n’entre pas dans le processus de fabrication des engrais phosphatés et potassiques.

 

L’appréciation du prix des engrais s’explique ensuite par le dynamisme de la demande dans un contexte de reprise économique mondiale et de vagues de froid en Asie et en Europe. Enfin, les restrictions mises en place par certains pays exportateurs (Inde, Russie, Chine) ont pesé sur l’offre, explique le ministère.

 

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Par effet d’entraînement, les prix des autres engrais progressent également, mais dans une moindre mesure (4,8 %). Il s’agit avant tout des fertilisants organiques, note-t-il. Les tarifs des amendements reculent de 1,2 % sur la même période.

L’alimentation animale dans le rouge

En 2021, le prix d’achat des aliments pour animaux a progressé de 11,2 % en moyenne sur un an. La hausse touche aussi bien les matières premières pour animaux, dont le prix augmente de 12 %, que les aliments composés (+10,9 %).

 

« La hausse atteint 17,4 % pour les aliments céréales et sous-produits, 16,4 % pour les tourteaux et 6,3 % pour les autres matières premières comme la luzerne déshydratée ou la pulpe de betterave », complète le ministère de l’Agriculture.

 

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