Le prix moyen du kilo de carcasse bovine a augmenté de plus 40 points en un an (indice Ipampa). La filière allaitante, en difficulté depuis des années, peut ainsi souffler un peu. En Indre-et-Loire, des débouchés locaux permettent aux éleveurs de valoriser leurs animaux auprès de la restauration collective. La démarche « grand bœuf de Touraine » en label rouge, regroupe une trentaine d’éleveurs.

"Nous vendons les vaches classées R+ à 5,6 €/kg, ce qui est mieux que le standard à 5,10 €/kg (1). Nous recherchons des éleveurs pour répondre à la demande », indique Richard Courtigné, éleveur à Bresches (Indre-et-Loire) et président du GDS. Depuis cet été, les veaux bio élevés sous la mère sont valorisés en filière locale, autour de 9,50 €/kg à 6 ou 7 mois.

Une amélioration

Le centre de gestion AS Cefiga 37 note une remontée timide de la rentabilité de la filière. L’EBE moyen stagne autour de 29 % du produit brut. « Les capitaux stables financent l’actif immobilisé, mais pas le besoin en fonds de roulement, même pour les exploitations rentables », a souligné Agnès Sévillia Boisferon, conseiller d’entreprise lors de la présentation des résultats économiques, le 15 septembre à Chambray-lès-Tours.

C’est le cas de Richard Courtigné. Les résultats techniques de son élevage d'une centaine de mères charolaises sont très performants et sa santé économique solide. Pourtant, à 54 ans, il pilote son entreprise avec le couteau sous la gorge.

"J’ai une ligne de crédit de 50 000 euros par an, que j’utilise ou pas. Mais c’est un prêt court terme qui implique des frais financiers. Pour nos productions qui s’échelonnent au moins sur 2,5 - 3 ans, il faudrait mettre en place des prêts sur 7 ou 8 ans pour avoir les coudées franches."

Des discussions sont en cours entre le centre de gestion et les banques afin de mettre en place cet emprunt, nommé "long moyen terme croît de cheptel".

(1) Références de 300 éleveurs (10 départements), 2021, AS et chambre d’agriculture