Deux terminaux de stockage de grains ont été touchés par des bombardements russes mercredi 22 juin 2022 dans la ville portuaire de Mykolaïv, en Ukraine, ont indiqué à l’AFP leurs opérateurs, les maisons de négoce Bunge et Viterra.

Des terminaux céréaliers de nouveau ciblés par Moscou

Le terminal portuaire d’Evri, propriété de Viterra et affecté aux huiles végétales, a été « endommagé par une attaque de missiles », qui a fait un blessé léger, a indiqué un porte-parole du groupe, précisant que deux silos étaient en feu et un troisième endommagé.

 

Ce site, racheté en 2020 par Glencore, maison mère de Viterra, a une capacité de stockage de 160 000 tonnes.

 

Quant à Bunge, ses installations ont été « touchées lors des dernières attaques russes dans la région », a indiqué une porte-parole, précisant que la frappe n’avait pas fait de blessés et que l’étendue exacte des dégâts n’était pas encore connue.

 

Le terminal, qui était fermé depuis le premier jour de l’invasion russe en Ukraine, le 24 février dernier, comprend un site de stockage, un site de chargement de navires et une unité de production d’huile végétale.

 

Les ports de Mykolaïv et d’Odessa sont bloqués depuis le début du conflit, ce qui paralyse le transport maritime des matières premières agricoles, principale voie d’exportation pour l’Ukraine jusque-là.

 

Aucun accord conclu en mer Noire

Dans le même temps, après les déclarations optimistes de la Turquie, l’Ukraine a nié mercredi toute avancée concrète concernant les céréales bloquées en mer Noire. « Aucun accord concret sur la tenue de pourparlers avec l’Ukraine, la Russie, la Turquie et l’ONU n’a été conclu jusqu’à présent », a indiqué sur Twitter le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko. « Les consultations sont en cours », a-t-il ajouté.

 

Quelques heures plus tôt, le ministre turc de la Défense avait annoncé la tenue dans les « prochaines semaines » en Turquie d’une rencontre quadripartite avec des représentants des Nations unies, de la Russie et de l’Ukraine.

 

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Ankara s’était également félicitée d’une « première avancée concrète » dans ce dossier après des discussions entre des délégations turque et russe à Moscou.

 

En effet, des discussions, sans résultats concrets à ce jour, ont eu lieu entre Russie et Turquie sur l’ouverture de couloirs maritimes qui permettraient à des vraquiers de circuler depuis l’Ukraine en mer Noire, une zone rendue impraticable par la présence de mines.

 

Le blocus des céréales ukrainiennes se poursuit

Selon Ankara, « quelques heures seulement après la fin de la longue réunion, le cargo turc (Azov Concord), qui attendait depuis des jours, a quitté Marioupol », désormais sous contrôle russe, en mer d’Azov. Actuellement, des millions de tonnes de céréales ne peuvent être exportées en raison du blocus de la flotte russe en mer Noire.

 

Il s’agit du « premier navire étranger à quitter le port ukrainien », tombé aux mains des Russes en mai, soulignait le communiqué du ministère turc.

 

De son côté, le ministère russe de la Défense, dans un communiqué publié peu avant, n’avait fait état d’aucune avancée majeure en vue de débloquer les ports ukrainiens.

 

En outre, Kiev craint une attaque de la Russie sur sa côte de la mer Noire, alors que l’armée russe occupe déjà une grande partie du sud de l’Ukraine, dont la totalité des rives de la mer d’Azov.