Depuis le début de l’épizootie de grippe aviaire en novembre 2021, 16 millions de volailles ont été abattues en France. Il s’agit d’un record sur le territoire qui fragilise l’ensemble de la filière, a indiqué lundi 2 mai 2022 le ministère de l’Agriculture. « Le pic épidémique a été passé à la fin du mois de mars et l’épizootie décélère », a relevé le ministère.

 

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La Vendée, département le plus touché

Depuis le premier cas recensé dans le nord de la France à la fin de novembre, 1 364 élevages ont été contaminés par le virus. 857 foyers ont été recensés en Vendée et dans les départements limitrophes, où les autorités vident les élevages via des abattages massifs d’animaux malades mais aussi sains, de façon préventive.

 

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Habituellement, les crises liées à la grippe aviaire restent globalement circonscrites au Sud-Ouest, en particulier aux élevages de canards destinés à la production de foie gras. L’an dernier, ce sont près de 500 foyers qui avaient été recensés dans des élevages et 3,5 millions d’animaux abattus, essentiellement des canards.

Une seconde vague qui prend fin

L’influenza aviaire présente un caractère saisonnier. Transportée par des oiseaux migrateurs venant de l’Asie, elle commence généralement à se développer entre octobre et avril en Europe. Pour la première fois, les oiseaux sauvages ont contaminé cette année des élevages lors de la remontée de leur migration des pays du Sud, entraînant une deuxième vague.

 

Des oiseaux qui ont hiverné en Afrique, dans le sud de l’Europe ou du bassin méditerranéen « sont remontés avec une très forte contamination, suffisante pour contaminer les environnements des élevages », a expliqué Gilles Salvat, directeur général délégué au pôle recherche de l’agence sanitaire (Anses).

 

« On a longtemps dit que la période à risque était du 15 novembre au 15 janvier, remarque Gilles Salvat. Si la migration remontante est aussi massivement contaminée dans les années qui viennent, la période à risque va s’étendre sur presque la moitié de l’année et c’est un vrai problème, notamment pour les volailles élevées en plein air. »

 

Ces crises à répétition génèrent des coûts considérables pour les professionnels, en raison des arrêts de production et la fermeture de marchés à l’exportation, et pour l’État qui indemnise les éleveurs pour les animaux abattus et les pertes économiques induites.

Un repeuplement qui prend du temps

Lorsqu’un élevage est décimé, il faut compter « un temps de décontamination obligatoire de 21 jours consécutifs de totale détection du virus dans une zone complètement dépeuplée et désinfectée » avant de pouvoir le repeupler, explique Loïc Coulombel, vice-président de l’interprofession de l’œuf (CNPO).

 

Ensuite, « la zone passe au stade de la surveillance et il faut encore attendre trois semaines supplémentaires », ajoute Christophe Labour, responsable syndical de la FNSEA dans les Pays de la Loire, qui produit des poules et des dindes.

 

Pour les éleveurs, chaque jour de vide sanitaire est un manque à gagner, malgré les indemnités versées par le gouvernement. Selon les estimations de l’interprofession de la volaille (Anvol), la zone des Pays de la Loire représente par exemple environ « 5 millions de volailles toutes espèces confondues (canards, poulets, pigeons, pintades, etc.) par semaine en temps normal ».

 

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Depuis novembre, la grippe aviaire a engendré une perte « d’environ 6 % de la production nationale d’œufs dans un pays en autosuffisance à 101 % » a ajouté Loïc Coulombel. En mars 2022, le prix des œufs a déjà augmenté de 13 % par rapport au mois dernier et de 63,3 % sur un an du fait d’une très forte augmentation du coût de production liée à la guerre en Ukraine, selon l’indice des prix agricoles de l’Insee.

 

Pour les professionnels du secteur, l’équivalent de la population de volailles abattues au cours de l’épisode de grippe aviaire ne pourra pas être remis en production avant l’été prochain. Il faudra même attendre la fin de l’année, voire le début de l’année prochaine pour retrouver l’ensemble de la production perdue, à condition qu’un nouvel épisode de grippe aviaire ne se déclare pas entre-temps, en particulier à l’automne.

 

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