Depuis le Tarn-et-Garonne, « un des territoires les plus touchés », le Premier ministre Jean Castex a promis « un fonds d’aide d’urgence pour un montant de 20 millions d’euros » et l’activation du « fonds national des calamités agricoles ».

 

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La nuit du 3 au 4 avril a été la plus froide depuis que les relevés météo existent en France.
Ici, à Cazes-Mondenard, j'ai vu la dignité et le courage de nos agriculteurs touchés par cet épisode de gel.
Je suis aussi venu les assurer de la totale solidarité du Gouvernement. ↓ pic.twitter.com/vOS8QsDVja

— Jean Castex (@JeanCASTEX) April 5, 2022

 

Prise en charge des cotisations sociales

« Nous réactiverons la prise en charge exceptionnelle de leurs cotisations sociales », a assuré le chef du gouvernement après la visite d’une exploitation sinistrée à 80 % à Cazes-Mondenard. Jean Castex a également promis la mise en œuvre de « dégrèvements d’office pour les agriculteurs concernés au titre de la taxe foncière sur le foncier non bâti ».

 

En lien avec la MSA, déjà en alerte pour faire face aux conséquences de la crise en Ukraine, nous activerons le dispositif de prise en charge exceptionnelle des cotisations.
Des dégrèvements d'office de taxes seront aussi mis en place par l'État. pic.twitter.com/ouq50coylo

— Jean Castex (@JeanCASTEX) April 5, 2022

 

La vallée de la Garonne, la Dordogne, certaines régions de l’Est, le nord de la région Aquitaine sont particulièrement touchés, a précisé Jean Castex. Le Premier ministre était accompagné du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

 

Le gel a concerné moins de la moitié du territoire, d’après Jérôme Lecou, prévisionniste à Météo-France, alors que 90 % de la France ont été affectés par des gelées la nuit précédente, inquiétant en particulier les arboriculteurs.

 

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« C’est de la trésorerie, immédiate

« Ce sont de bonnes mesures, mais ce qui manque c’est de la trésorerie, immédiatement », a réagi Alain Iches, le président de la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne. L’élu a estimé que les aides risquaient de n’arriver qu’à la fin de l’année. Certains reçoivent tout juste les aides correspondant aux dégâts du printemps 2021.

 

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Les dégâts dans ce département, dans les plantations de fruits à noyau (prune, pêche), sont « certainement pires que l’an dernier. On sera environ à 80 % de pertes liées au gel », estime le président de la chambre d’agriculture, soulignant que ces chiffres sont encore à affiner.

« Un nouveau coup dur » pour le pruneau d’Agen

La filière du pruneau d’Agen subit « un nouveau coup dur », avec des dégâts « généralisés sur toute l’aire de l’IGP (1) » qui « semblent comparables, voire plus importants que l’an passé », selon un communiqué du Bureau national interprofessionnel du pruneau.

 

« S’il est encore trop tôt pour évaluer finement les pertes, on estime que près de 70 % de la récolte est d’ores et déjà compromise », selon la filière. En 2021, la commercialisation avait pu se maintenir « en raison des stocks permettant de compenser en partie la perte de récolte ».

 

En 2022, « la rupture d’approvisionnement est quasi certaine », et c’est « toute la filière de l’amont à l’aval qui se voit à nouveau gravement affectée par un épisode qui ne devrait arriver qu’une fois tous les 30 ans », mais tend à se répéter plus souvent du fait du changement climatique.

 

Serge Bousquet-Cassagne, le président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, est encore plus pessimiste : l’an dernier, « on avait perdu 70 % de la récolte, cette année on sera à 80-90 % » pour les prunes et pruneaux.

Moins de pertes pour les kiwis

Selon lui, les kiwis, dont les bourgeons ont été protégés par un système d’aspersion d’eau à l’arrivée du gel, ont été également touchés, mais ont subi moins de dégâts. « Le coût de l’arrosage est ahurissant avec le prix actuel de l’énergie qui a augmenté de 60 %, a témoigné Jean-Marc Poigt, qui préside Kiwi de l’Adour. Moi j’en suis pour 200 litres de gasoil chaque nuit. »

 

En Alsace, dans sa plantation d’arbres fruitiers à Traenheim, Timothée Rothgerber estime que si les épisodes de gel après des mois de février et mars doux, se répètent, ils ne pourraient « pas continuer comme ça économiquement ».

 

Dans la vigne bordelaise, le président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux Bernard Farges, « craint un impact du niveau de 2021 », tout en estimant que « les vignes les moins avancées ont été épargnées ».

 

L’an dernier, après un épisode exceptionnel de gel en avril, les récoltes d’abricots, de cerises et de poires avaient été amputées de moitié par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, selon le service de la statistique du ministère de l’Agriculture.

 

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(1) Indication géographique protégée.