Comme le veut la tradition, Emmanuel Macron devrait inaugurer le Salon international de l’agriculture le 26 février 2022, en tant que président de la République. Deux jours avant, l’Elysée a dressé devant les journalistes le bilan agricole de son quinquennat, qu’il pourrait défendre à cette occasion.

 

La quête d’une souveraineté alimentaire, « à laquelle le président est très attaché, s’est traduite par un soutien public au monde agricole, à toutes les phases de la vie de l’exploitant, depuis sa formation », fait valoir l’entourage du président.

Formation agricole et installation

À la rentrée 2021, le nombre d’élèves dans l’enseignement agricole augmentait sur un an pour la première fois « depuis longtemps », s’établissant à 216 000. Le nombre d’apprentis, passé à 46 000, progressait quant à lui de 22 % depuis le début du quinquennat, preuve du renforcement de l’attractivité de ces métiers, estime l’Elysée, citant la campagne de promotion des métiers du vivant.

 

Le développement des aides à l’installation dans la future Pac et le soutien à la transmission et à la cessation de l’activité sont également mis en lumière.

Rémunération des agriculteurs

Au sujet de la rémunération des agriculteurs, l’Elysée met en avant les lois Egalim 1 et 2. La première, qui « posait les jalons » d’un rééquilibrage des rapports de force entre les maillons de la chaîne alimentaire, s’est avérée insuffisante mais la seconde « va plus loin.» Interrogé sur leur efficacité, l’Elysée a mentionné la multiplication des contrôles et des sanctions pour faire respecter la loi et la présence de médiateurs, alors que les négocitions commerciales, qui touchent à leur fin, se révèlent tendues.

 

La revalorisation des plus petites retraites, aussi évoquée, de 75 à 85 % du smic pour les chefs d’exploitation, et à 700 euros par mois pour les conjoints collaborateurs, concerne « plus de 350 000 personnes », chiffre l’Elysée.

 

Le soutien financier apporté aux agriculteurs pendant les crises climatiques, sanitaires et conjoncturelles est également mis sur la table, exemples à l’appui : gel dévastateur d’avril 2021, pertes de débouchés dues au Covid-19 pour certaines filières, épizooties d’influenza aviaire ou encore crise porcine.

Compétitivité

Au-delà des mesures d’urgence, la présidence défend l’engagement du gouvernement pour des « solutions pérennes » visant à sécuriser le métier d’agriculteur, comme :

  • Le Varenne de l’eau et sa réforme de l’assurance récolte ;
  • L’instauration de « mesures miroirs » dans les accords de libre-échange négociés avec les pays tiers ;
  • La place de l’agriculture dans les plans France relance et France 2030.

 

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Demandes sociétales

Du côté des attentes sociétales, l’entourage du président défend les mesures pour le bien-être animal, avec la fin de la castration à vif des porcelets et du broyage des poussins mâles, et celle, progressive, de l’élevage de poules en cage.

 

Même son de cloche pour l’utilisation des produits phytosanitaires, dont la réduction « a été accompagnée » par différents moyens. Sur la réduction de l’usage du glyphosate, le président avait reconnu le 4 janvier 2022 son échec sur la fin de son utilisation, qu’il avait promise pour le 1er janvier 2021.

Valorisation des produits de qualité

Enfin, l’Elysée rappelle les engagements pris par le gouvernement et ses résultats pour valoriser les produits de qualité :

  • Approvisionnement à 50 % en produits de qualités, sains et durables dans la restauration collective ;
  • Doublement des surfaces cultivées en bio pendant la mandature, devenant le premier producteur européen et passant à 9,5 % de sa SAU ;
  • Multiplication par vingt du nombre d’exploitation sous la certification HVE (Haute valeur environnementale).

 

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