(World Wide Fund for Nature : Fonds mondial pour la nature) parue le 27 janvier 2022.

 

 

Le scénario a été réalisé en partenariat avec Solagro et repose sur une gestion durable des ressources agricoles et forestières. Avec l’ambition de 100 % d’énergies renouvelables en France en 2050, il s’appuie aussi sur les travaux de Negawatt, de l’Ademe (Agence de la transition écologique) et sur la Stratégie nationale bas carbone (SNBC).

 

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Plus de 45 millions de tonnes de biomasse agricole mobilisable

Le rapport intitulé « Biomasse : un réel potentiel pour la transition énergétique ? » se base sur le scénario pour une transition agricole et alimentaire du WWF intitulé « Pulse Fiction ».

 

Il pourrait conduire à la mobilisation de 45 à 50 millions de tonnes de matière sèche (MtMS) de biomasse agricole en 2050, malgré une diminution de la surface agricole utile (SAU) française de 4 %, au profit de forêts et peupleraies. Cela irait de paire avec une réduction de la consommation de produits d’origine animale et une évolution d’affectation des surfaces agricoles.

 

Les cultures intermédiaires seraient alors généralisées. Elles offriraient un gisement important de biomasse pour des unités de méthanisation, malgré un taux de prélèvement de seulement 25 % pour assurer un fort retour au sol de la matière organique fraîche.

 

Le rapport prévoit que plus de 90 % de la biomasse agricole mobilisée soit issue du cumul de ces couverts, des résidus de culture et des surplus d’herbe. La méthanisation envisagée par l’ONG se veut dans le respect du cadre de durabilité qu’elle avait présenté en 2020.

 

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Des limites annoncées

Le rapport évalue ainsi un potentiel énergétique de la biomasse agricole compris entre 120 et 130 TWh, soit l’équivalent d’une quinzaine de réacteurs nucléaires. Plus de 80 % de cette énergie serait issue de la méthanisation, le reste serait valorisé sous forme de biocarburants notamment. La biomasse forestière présenterait approximativement le même potentiel énergétique.

 

Les rédacteurs du rapport préviennent cependant que cette étude prospective est basée sur des scénarios ambitieux et qu’elle présente des limites. Le diagnostic agricole et les gisements sont ainsi considérés à un échelon national uniquement, sans régionalisation. La priorité nourricière de l’agriculture est précisée, ainsi que la présence de nombreuses incertitudes sur les besoins futurs en biomasse non alimentaire.