Des drapeaux espagnols et des banderoles où l’on pouvait lire « Éleveurs en voie d’extinction » ou encore « SOS monde rural ». Telles étaient les revendications, jalonnaient le long cortège déployé sur quatre kilomètres dans les rues de Madrid, et conduit par des tracteurs, des cavaliers et des chiens de chasse.

 

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Les coûts de production dans le viseur

Le monde rural a défilé dans le centre de la capitale espagnole entre les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture, à l’appel de la plateforme « Alliance rurale ». Cette dernière affirme représenter quelque dix millions de paysans espagnols. « Ce gouvernement nous ruine, avec des carburants de plus en plus chers », a expliqué Nora Guzmán, venue de Pozuelo de Alarcón, à l’ouest de Madrid, au volant de son tracteur.

 

#ÚLTIMAHORA | El campo inunda#Madrid en una manifestación histórica

Más de 800.000 personas entre agricultores, ganaderos, cazadores y gente de campo han colapsado las calles de la capital deEspaña

¡El Mundo Rural está vivo! @20mRural #JuntosPorElCampo pic.twitter.com/3Au8mDfNGN

— Asaja Nacional (@AsajaNacional) March 20, 2022

« Il est temps de chercher des solutions » aux difficultés du monde rural « qui occupe 80 % du territoire, a déclaré à la presse Pedro Barato, président de la confédération patronale agricole, Asaja. Ça suffit ! Que le président du gouvernement espagnol arrête de voyager à l’étranger et qu’il commence à agir » en Espagne.

 

Today has been a historic day in the rural areas during the @20mRural.A cross-cutting movement has been awakened that says enough is enough to the mistreatment by @desdelamoncloa & @EUAgri.Today nearly 1million #farmers, #hunters & #bullfighting people have said enough is enough! pic.twitter.com/f00CvG6kDu

— ASAJA in Brussels (@BruselasAsaja) March 20, 2022

Le monde agricole entendait ainsi dénoncer l’envolée des prix des carburants et des engrais, couplée avec une réduction des marges. Il voulait aussi protester contre la désertification rurale et les mesures gouvernementales en faveur du bien être animal, visant notamment à restreindre l’élevage de chiens de berger et de chasse.

 

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« Des normes incohérentes et absurdes »

« Aujourd’hui, on protège plus les animaux que les hommes » par « des normes incohérentes et absurdes que veut nous imposer le gouvernement », a déploré Fernando Sáez, un agriculteur qui avait fait le voyage de Cordoue, avec son chien de chasse, jusqu’à la capitale.

 

Cette grande manifestation paysanne était organisée au lendemain de celle ayant rassemblé des milliers d’Espagnols à l’appel du parti d’extrême droite Vox, pour protester contre la hausse généralisée des prix dans les secteurs de l’agroalimentaire et de l’énergie, aggravée par le conflit en Ukraine.