Très innovant, le premier démonstrateur agrivoltaïque de TSE a été déployé sur l’exploitation de polyculture élevage de Sylvain Raison qui s'étend sur 850 hectares et compte 150 vaches limousines. D’une puissance de 2,4 MWc, équivalente à la consommation de 1 350 habitants, il se compose de 3 hectares de panneaux rotatifs installés sur des câbles à 5 mètres de hauteur au-dessus du terrain agricole et d’une bande témoin de 2 hectares. Mobiles, les modules solaires jouent un rôle protecteur vis-à-vis du soleil, mais aussi du gel et de la grêle (résistance à des grêlons de la taille d’une balle de golf). 

Cultiver sous les panneaux

D’une durée de neuf ans, l’expérimentation est menée avec de nombreux partenaires : Inrae Lusignan, Idele, école d’ingénieur en agronomie de Purpan ou encore les coopératives de l'Alliance BFC (Dijon Céréales, Terres Comtoises, Bourgogne du sud). Grâce à 800 capteurs météorologiques, mécaniques et agronomiques, elle doit permettre d’évaluer la durabilité du système agrovoltaïque et la capacité d’adaptation des cultures (blé, seigle fourrager, orge d’hiver, colza…) à l’ombrière. Sa faible emprise au sol, de 0,5 % avec 27 mètres de bande de culture entre deux rangées de poteaux, y contribue. Cet été, du fait de la réduction de l’évapo-transpiration sous les panneaux, la terre est restée plus humide. Le soja implanté tardivement a moins souffert du stress thermique et hydrique que la culture de plein champ.

Le site d’Amance a nécessité un investissement de 8 millions d’euros (10 millions d'euros en intégrant les coûts de recherche et de développement). Aucune subvention n’a été sollicitée. En Bourgogne, une seconde ombrière sera mise en service au printemps 2023 sur les sols superficiels du Chatillonnais sur une exploitation en grandes cultures bio. Toujours en partenariat avec les coopératives de l'Alliance BFC qui entendent développer les stratégies les plus intéressantes pour leurs 12 000 adhérents.