Sur la page Facebook de sa ferme du Vallat Sableux à Le Luc, Adrien Blua les appelle « les filles ». Les filles ? Ce sont les 15 vaches de ce jeune éleveur de 26 ans, joueur de rugby à ses heures. Son troupeau laitier, le seul du département du Var, a fait de lui une star des réseaux sociaux. Entre Facebook et Instagram, où il publie photos et vidéos de ses bêtes, sa communauté est riche de 25 000 membres avec de nombreux fidèles qui ne manquent pas de réagir et de commenter ses publications.

« J’ai commencé pour m’amuser », explique Adrien qui s’est installé en 2019, à côté de l’exploitation de ses parents qui cultivent la vigne. C’est en diffusant un clip le 21 mars 2020, en plein confinement, qu’il va provoquer le buzz. Devant ses montbéliardes, Aurélien Blua s’improvise DJ en diffusant sur des platines disposées sur des bottes de foin la chanson « Partir un Jour » des 2 Be 3, groupe de boys bands de la fin des années 90.

Son humour décalé fait mouche. Pour preuve, cette vidéo a été vue 26 000 fois et partagée 57 000 fois ! Notre agriculteur décide de poursuivre sur sa lancée, même si ses parents ne voient pas d’un très bon œil ces mises en scènes. « Petit à petit, ils s’y sont faits, sourit Adrien Blua. Mon but, c’est d’expliquer aux consommateurs les différentes facettes de mon métier. »

Vaches en bonnet rouge

Il filme ainsi le réveil de ses vaches, les premières mises à l’herbe, les zones de pâturage… Il annonce aussi chaque naissance et se prend en photo ou en vidéo aux côtés de « ses filles » quand elles penchent leurs têtes vers lui pour le câliner. L’an passé, pour fêter un joyeux Noël à ses abonnés, l’éleveur a habillé ces dames d’un bonnet rouge. Il répond aussi aux questions en expliquant par exemple pourquoi il n’aide pas ses vaches à mettre bas, mais qu’il est bien présent au moment où elles vêlent. Enfin, Adrien se sert des réseaux sociaux pour donner rendez-vous à sa clientèle les vendredis et samedis sur le parking de la cave coopérative de son village où il commercialise sa production de yaourts.

« J'explique aux consommateurs les différentes facettes de mon métier »

« Mes grands-parents avaient des vaches, j’ai toujours voulu en élever pour transformer leur lait, indique-t-il. J’aurai pu suivre la voie de mes parents, mais ça ne m’intéressait pas. J’aime le contact avec mes animaux. » Cela transparaît dans ses publications. Les médias n’ont d’ailleurs pas manqué de s’emparer du phénomène « Blua ». France 3, TF1, BFM TV, La Provence l’ont tour à tour interviewé. Adrien a même participé à l’émission « Ça commence aujourd’hui ». « Cela m’a apporté de la notoriété au moment où je démarrais mon activité, confie-t-il. Mais, c’est du temps ! Je réponds donc moins aux sollicitations des journalistes. »

Aujourd’hui, il a son réseau de clients, des particuliers, des épiceries fines, des laiteries locales et des magasins de producteurs. À la demande de certaines personnes qui le suivent sur la Toile, il a élargi sa gamme de yaourts à la fabrication de fromage blanc, de feta et de mozzarella tout en continuant à être actif auprès de ses derniers. Sa communauté est devenue « accro » à ses posts.