Le protocole de lutte contre les feux de récoltes et de chaumes signé en 2020 (1) qui actait le statut de « collaborateur » des agriculteurs (en créant des bandes coupe-feu grâce aux déchaumeurs) a nécessité des ajustements. « Dès 2021, les retours d'expérience ont montré que le centre de traitement d'alerte devait être informé des risques dans certaines parcelles comme la présence de stocks importants de paille, précise le lieutenant-colonel Eric Roblin, du Sdis 91. Nous avons dû aussi préciser que la gendarmerie, qui bloque les accès routiers lors d'incendie, doit laisser circuler les agriculteurs, qu'ils soient en tracteur ou en voiture. »

Alerte systématique

En 2022, de nouvelles évolutions se sont révélées nécessaires. « Avant, en cas de départ de feu, les six agriculteurs référents, qui relaient l'alerte aux agriculteurs de proximité, étaient contactés par les pompiers si le risque Météo France était qualifié de « très sévère », rappelle Christophe Lerebour, céréalier à Gometz-la-Ville et référent auprès des pompiers. Mais même avec un risque Météo France inférieur, on s'est aperçu qu'il peut y avoir de gros sinistres en période de moisson. »

Sapeurs-pompiers et agriculteurs sont donc tombés d'accord : l'alerte des référents est désormais systématique pour tout départ de feu en période de moisson. Des points de situation sur l'avancement des récoltes, a minima, hebdomadaires sont aussi systématisés.

Pour gagner en efficacité, des réunions sont prévues dès le printemps entre agriculteurs et pompiers. « Quand les sols sont très secs, comme cette année, les déchaumages sont moins efficaces, plusieurs passages sont nécessaires, il est donc essentiel d'arriver tôt et nombreux sur le feu, relève Christophe Lerebour. Les agriculteurs doivent prendre conscience qu'ils peuvent être appelés à tout moment pour intervenir en urgence. Pour officialiser leur rôle et être exhaustif dans la transmission de l'information, le nouveau protocole leur sera envoyé par la DDT. »

(1) entre la préfecture, la chambre d'Agriculture, le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), la FDSEA et l'Union des maires de l'Essonne.