« À ce jour, 45 % de nos entreprises n’ont pas fini l’ensemble de leurs renégociations, c’est-à-dire qu’il y a encore au moins un ou deux distributeurs avec lesquels elles n’ont pas conclu leur contrat de renégociation, a expliqué à l’AFP un porte-parole de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), fédération professionnelle de l’agroalimentaire. C’est un chiffre assez élevé dans la mesure où les professionnels ont en général envoyé leur demande de renégociations en mai ou juin. »

 

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En discussion depuis mars

Depuis mars, industriels et distributeurs négocient à nouveau les prix de vente de certains produits alimentaires, dont les coûts de production subissent une forte inflation depuis la fin de l’année 2021, encore aggravée par la guerre en Ukraine.

 

Les premiers accusent les seconds de refuser de payer plus cher des denrées qui coûtent plus à produire ; d’accepter les hausses liées aux matières premières agricoles, mais de refuser de débourser plus pour l’emballage ou le transport par exemple, ou encore d’augmenter les prix dans les rayons alors même qu’ils ont refusé de payer plus pour ces produits. Ou encore de « gagner du temps » pour continuer de bénéficier des prix antérieurs à la guerre en Ukraine.

 

Les distributeurs quant à eux reprochent aux industriels de demander des hausses de prix injustifiées, ou différentes d’un industriel à l’autre. Ils insistent sur leur rôle de défenseurs du pouvoir d’achat des consommateurs.

Un besoin de 8,5 % de hausse

« En moyenne, le besoin tarifaire » pour amortir les coûts de production est de 8,5 %, selon l’Ania jeudi, au sortir d’une nouvelle réunion de suivi de ces renégociations commerciales rassemblant les différentes parties prenantes sous la houlette du gouvernement. « C’est bien sûr très variable en fonction des catégories de produits et des tailles des entreprises, mais la totalité des hausses ne sont pas passées », dit le porte-parole de la fédération.

 

Si les contrats avec les PME de l’agroalimentaire ont été renégociés plus rapidement que pour les grandes entreprises, observe encore l’Ania, la différence entre les hausses nécessaires pour couvrir les coûts de production et celles qui ont effectivement été avalisées dans les négociations est telle que certaines entreprises « vont devoir retourner en négociations une nouvelle fois ».

 

« On est dans une renégociation sans fin, sur les pâtes alimentaires on en est au 5e cycle de négociations depuis le début de l’année », avait observé jeudi sur Radio Classique Jacques Creyssel, le délégué général de la FCD, représentant de la grande distribution.