Six agriculteurs ardennais associés dans la SAS du Puisot, basée à Sorbon, se lancent dans un nouveau projet baptisé Agricyclage. Et ce à peine plus d’un an après que leur unité de méthanisation a commencé à produire du gaz pour 9 600 habitants. Le principe : valoriser les déchets alimentaires des professionnels, collectivités et particuliers du territoire grâce à un site adossé au méthaniseur.

« Apporter une solution locale et vertueuse »

« Ces déchets parcourent souvent de nombreux kilomètres pour finir incinérés ou enfouis, constate Louis-Joseph Samyn, associé et président de l’entité. Nous souhaitions apporter une solution locale et vertueuse pour qu’ils puissent nourrir nos sols et qu’ils soient valorisés en énergie. »

 

Pour que les déchets alimentaires deviennent un fertilisant naturel propre pour les sols, plusieurs étapes sont nécessaires. « Ils doivent être déconditionnés pour que la matière organique soit séparée des emballages. Celle-ci doit ensuite être broyée puis hygiénisée à soixante degrés afin de supprimer d’éventuels germes pathogènes », explique Thomas Samyn, directeur d’Agricyclage.

 

Cette activité de valorisation démarrera en novembre prochain et a nécessité 3,2 millions d’euros d’investissements. Elle devrait générer une quinzaine d’emplois à l’horizon de trois ans, de la collecte, au tri, en passant par le suivi administratif. « L’objectif est de récolter des déchets dans une zone de chalandise de deux heures pour les poids-lourds et d’une heure pour les bennes à ordures ménagères. Notre site est situé aux pieds d’une quatre voies, son accès est facilité », analyse Thomas Samyn, qui se réjouit de l’accueil réservé à ce projet, en phase avec l’évolution de la loi (voir l’encadré ci-dessous).

Partage d’expérience

Les six associés reconnaissent que cette nouvelle activité est bien éloignée de celle d’agriculteur. « Avant de nous lancer, nous avons visité des sites qui réalisent ce type de valorisation depuis plusieurs années au Benelux et en Alsace. Nous avons sauté le pas, car nous sommes épaulés par la société alsacienne Agrivalor qui a accepté de partager son expérience avec nous, insiste Louis-Joseph Samyn. Il est prévu que les salariés d’Agricyclage aillent se former sur leur site. »