Quatre ans après la crise qui a secoué durement le parc national de la Vanoise (27 des 29 communes avaient refusé en 2015 d’adhérer à la nouvelle charte du parc), la nouvelle direction multiplie les actions pour regagner la confiance perdue. Dans le cadre d’un audit médiation porté par le conseil départemental de Savoie, 17 thèmes de travail ont été identifiés. L’un d’eux concerne l’agro-environnement. Pour faciliter la vie des éleveurs et des bergers en alpage, une brigade composée de deux bergers mobiles a été déployée l’été dernier dans le cadre d’un partenariat avec le service de remplacement et la société d’économie alpestre.

En Gaec avec sa femme à Pralognan-la-Vanoise, Sylvain Chevassu y a eu recours comme sept autres éleveurs du parc. Pour le producteur de fromages de chèvres vendus en direct, ce service est arrivé au bon moment. « Après trois attaques de loup depuis 2010, la dernière en juillet 2018 et en plein jour, nous avions besoin d’un peu de répit, explique-t-il. Un berger est venu trois fois durant quatre jours, ce qui a permis à notre salarié de lever le pied. Cette prestation nous a coûté seulement 80 €, soit le montant de l’adhésion au service de remplacement. » La mesure, financée à 100 % par le ministère de l’Écologie, est reconduite en 2020.

Cabane pastorale

En partenariat avec l’école nationale d’architecture de Lyon, le parc a également conçu une cabane pastorale. Disposant d’une chambre, d’une cuisine, d’une douche et d’un WC, l’abri héliportable est utilisé depuis 2018 sur l’alpage du Pelvoz, au-dessus de Termignon. « Trois nouvelles installations seront construites en 2020 et acheminées l’année suivante dans trois communes », annonce Guy-Noël Grosset, chargé de mission agri-environnement du parc. Malgré tout l’intérêt de ces dispositifs, l’ambiance reste tendue. « La pression du loup qu’il est interdit de tirer dans le cœur du parc, la lourdeur administrative du fonctionnement du parc dont le siège est à 100 km de notre secteur, ainsi que la baisse de ses moyens financiers et humains y contribuent », estime Sylvain Chevassu.

Anne Bréhier