L’arrivée de ce cash fermier au Marché d’intérêt national (Min) de Toulouse est une première en France. Elle fait suite à la signature, en juillet 2019, d’un contrat de réciprocité entre Toulouse Métropole et le pays des Portes de Gascogne (Gers), visant à « faciliter et accélérer la valorisation des produits locaux ». Éleveurs, maraîchers, producteurs d’ail, apiculteurs, brasseurs, fabricants de fromage, viticulteurs… se sont regroupés au sein de l’association Carrément Gers et ont créé une société par actions simplifiée (SAS) pour commercialiser ensemble leurs produits. Ils se sont installés le 2 décembre dernier.

« Nous disposons de 150 m² pour exposer nos produits, et autant de surface pour notre cellule de stockage équipée d’une chambre froide, explique Aurélie Baylac, viticultrice et présidente de la SAS. Nous visons une clientèle d’épiceries fines, restaurateurs ainsi que traiteurs, auxquels nous offrons une facturation unique et une livraison groupée, pour limiter les frais de transport. Nous pourrons aussi répondre aux appels d’offres de la restauration collective. »

La SAS a recruté un commercial et les producteurs seront présents à tour de rôle. « Nous envisageons d’embaucher un chauffeur un jour par semaine, afin qu’il effectue toutes les livraisons sur la métropole », précise Aurélie.

Croissance attendue

« J’espère augmenter mes ventes de 30 % », confie Véronique Soisson, qui élève des vaches laitières et fabrique le Pardiac, un fromage bio présenté en grosses bûches pour les collectivités et les traiteurs. Mathieu Gasc, maraîcher à Lias, depuis deux ans, compte multiplier par trois ses surfaces de patates douces et par deux celles de tomates. « Nous tablons sur un chiffre d’affaires de 100 000 € en 2020, que nous devrions multiplier par deux en trois ans, ajoute Jean-Paul Beuste, éleveur de l’association La poule noire d’Astarac-Bigorre, adhérente de Carrément Gers, qui regroupe 15 producteurs. Nous visons les métiers de bouche, et les 3 300 personnes qui passent chaque semaine sur le Min et qui pourront y faire leurs courses. »

« Nous avons tous choisi de garder des marges raisonnables et de nouer des partenariats intéressants sur le long terme », précise Alexandre Robard, apiculteur qui propose des seaux de miel pour les collectivités et des dosettes pour les hôtels de luxe. Pour assurer les volumes, Carrément Gers devra recruter d’autres producteurs. Une dizaine est déjà sur liste d’attente. F. Jacquemoud