L’initiative « Cultivons Demain » est dévoilée ce 5 novembre 2020. Portée par le pionnier de l’agrivoltaïsme dynamiqueSun’Agri et par la société de gestion RGreen Invest, elle bénéficie du soutien des chambres d’agriculture, de la Banque publique d’investissement (BPI France) et de son équivalent au niveau européen : la BEI.

 

La levée de fonds réunit déjà 200 millions d’euros et l’objectif est d’atteindre 1 milliard d’euros d’ici à 2025. Les investissements porteront sur l’adaptation au changement climatique de 300 fermes, principalement situées dans le pourtour méditerranéen. Entre 1 500 et 2 000 ha seront concernés, en productions viticole, arboricole et maraîchère. « Ce sont sur ces productions et dans cette région, que l’urgence est la plus importante », explique Antoine Nogier, directeur de Sun’Agri.

L’agriculture au cœur du projet

Antoine Nogier précise que, selon lui, pour les grandes cultures et l’élevage, c’est le manque d’eau qui est le plus problématique. Les effets directs d’un excès de soleil ou d’une température trop élevée, menacent plus directement les productions fruitière et viticole.

 

« Nous proposons une solution de persiennes photovoltaïques intelligentes, je refuse le terme d’ombrières. L’idée n’est pas de mettre ces cultures à l’ombre, souligne-t-il. La production agricole est au cœur de cette initiative. » Il précise d’ailleurs que l’agriculteur doit être actionnaire et partie prenante de la société photovoltaïque.

 

« Aucun loyer ne doit être perçu, poursuit Antoine Nogier. Le foncier agricole ne doit pas flamber. C’est la visée agronomique qui doit motiver le projet, pas la perspective de revenus de la vente d’énergie. » La position des panneaux est d’ailleurs dictée par une intelligence artificielle qui prend en compte les besoins en énergie lumineuse des plantes en fonction de leurs stades de développement.

 

Les installations ne peuvent se faire que sur des nouvelles plantations, pour éviter que les travaux n’abîment des ceps ou des arbres déjà en place. La réversibilité totale et le recyclage de chaque élément sont d’ailleurs prévus et provisionnés avant chaque installation.

Appel à tous les acteurs de l’Agtech

Le chef d’entreprise tend la main à tous les acteurs de l’Agtech pour relever ce défi du changement climatique. « Le défi à relever est tellement important, que soit nous y arriverons en nous y mettant tous ensemble, soit nous échouerons. » Et de préciser que les structures agrivoltaïques peuvent accueillir des technologies innovantes pour la production agricole, comme des capteurs ou des filets de protection rétractables par exemple.

 

« La production d’électricité sur place peut directement alimenter des robots qui assistent les agriculteurs, ajoute Antoine Nogier, comme des automates de désherbage mécanique en maraîchage par exemple. »