À quoi bon faire l’effort de produire de façon durable, si cette offre plus « verte » ne trouve pas preneur ? Mieux informer le consommateur, pour orienter ses choix : voilà l’objectif de l’affichage environnemental. Afin de trouver le format de communication le plus adapté, le gouvernement a annoncé le 10 septembre 2020, le lancement d’une expérimentation de plusieurs mois visant les produits alimentaires.

Dix ans après le Grenelle…

L’idée n’est pas nouvelle, puisque la démarche d’affichage environnemental a été initiée lors du Grenelle de l’environnement (article 54 de la loi « Grenelle I » du 3 août 2009). Pour la justifier, le gouvernement citait alors une enquête d’Ethicity, menée en partenariat avec l’Ademe, indiquant que 85 % des Français, en 2009, souhaitaient une information environnementale sur l’étiquette des produits.

 

Aujourd’hui encore, « les consommateurs veulent des conseils et des repères clairs pour faire leurs choix de consommation », argumente Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, indiquant que « cette attente a été confirmée récemment par les conclusions de la Convention citoyenne pour le climat ».

 

Après une première phase d’expérimentation d’un an à laquelle se sont prêtées 168 entreprises, entre 2011 et 2012, l’affichage environnemental est devenu un dispositif volontaire encadré depuis la fin de 2013. Les entreprises des cinq secteurs concernés (meubles, articles d’habillement, téléphones portables, hôtels, produits alimentaires) souhaitant communiquer sur la performance environnementale de leurs produits peuvent ainsi le faire, en se référant à des outils nationaux éprouvés, notamment la base de données Impact, librement consultable en ligne.

Trouver les bonnes modalités d’affichage

L’expérimentation actuelle, prévue en application de l’article 15 de la loi sur l’économie circulaire, vise à « évaluer différentes méthodologies et modalités d’affichage environnemental et/ou social ». Les résultats devront aider à définir les indicateurs et le(s) format(s) d’affichage les plus adaptés, ainsi que les modalités de sa mise en œuvre.

 

L’idée est aussi d’évaluer l’impact de cet affichage sur le comportement des consommateurs et de qualifier sa faisabilité par les entreprises. Le gouvernement lance un appel à candidatures, ouvert jusqu’en mars 2021, pour toutes les entreprises du secteur agroalimentaire (industriels, distributeurs, acteurs de la restauration collective, associations, etc.) souhaitant prendre part à l’expérimentation.

 

Sur la base du bilan qui sera transmis au Parlement, la méthodologie et les modalités d’affichage environnemental les plus pertinentes seront arrêtées pour le secteur alimentaire.