Ces pertes « d’aliments nutritifs et de qualité » sont d’autant plus dures à encaisser « à un moment où les familles du pays ont déjà du mal à joindre les deux bouts en raison de la flambée du coût de la vie », a déploré Tom Bradshaw, vice-président du NFU dans un communiqué diffusé le lundi 15 août 2022.

Une conséquence du Brexit

Selon l’enquête réalisée par le syndicat, 40 % des agriculteurs interrogés ont subi des pertes de récoltes en raison d’une pénurie de main-d’œuvre chiffrée à 14 % des besoins. 17 % des travailleurs recrutés ne se sont jamais présentés, tandis que 9 % sont partis avant la fin de leur contrat.

 

Si les fermes britanniques peinent à ce point à recruter, c’est notamment parce que l’embauche de travailleurs européens, autrefois libres d’aller et venir, a été fortement compliquée par le Brexit. Et les travailleurs ukrainiens, qui représentaient ces dernières années la grande majorité des travailleurs saisonniers dans le pays, sont pour beaucoup bloqués chez eux par la guerre.

 

Conséquence : les exploitants britanniques font appel à des travailleurs venus de plus en plus loin, Ouzbékistan, Philippines, Indonésie, Afrique du sud, etc. Et ce pour occuper des emplois difficiles qui ne trouvent pas preneur localement.

La sécheresse en plus

« Dans le même temps, la sécheresse qui dure et les températures records ont créé un environnement vraiment difficile pour la croissance de nos fruits et légumes », ajoute Tom Bradshaw. Cela qui rend d’autant plus crucial le fait de pouvoir les ramasser.

 

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Pour faire face à cette situation, le NFU appelle notamment le gouvernement à augmenter le nombre de visas disponibles pour répondre aux besoins du secteur pour éviter « ce niveau désastreux de gaspillage alimentaire l’année prochaine ».

 

Selon le syndicat, près des deux tiers des recrues sur la première moitié de l’année ont été embauchées via le régime de visa des travailleurs saisonniers, dont un tiers étaient déjà venus auparavant. Quelque 38000 visas de travailleurs saisonniers ont été autorisés pour cette année et le secteur en demande presque le double à savoir 70000.