La colère ne faiblit pas aux Pays-Bas, deuxième exportateur agricole au monde derrière les États-Unis : ces dernières semaines, des agriculteurs ont bloqué des autoroutes, déversant du fumier et des déchets, incendiant des bottes de paille et manifestant devant le domicile de plusieurs responsables politiques.

 

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Premier round

À l’issue du premier round de discussions, le président du principal syndicat agricole néerlandais (LTO) Sjaak van der Tak, a fait état d’un « certain mouvement » mais « vraiment trop peu » pour le secteur. « La balle est dans le camp du cabinet », a-t-il déclaré.

 

« Préparez-vous pour les actions les plus dures que Farmers defence force (FDF, force de défense des agriculteurs, NDLR) ait jamais entrepris », a pour sa part averti le FDF, réputé pour être radical.

 

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Une « grave crise de confiance »

Il y a une « grave crise de confiance », « plus profonde que la discussion actuelle sur l’azote », a déclaré le médiateur Johan Remkes. Ce dernier avait l’année dernière supervisé des négociations houleuses pour former un gouvernement.

 

Les Pays-Bas sont l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en Europe, et d’azote en particulier. Le plan gouvernemental prévoit de faire baisser les rejets d’azote jusqu’à 70 % dans 131 zones, la plupart proches de réserves naturelles et de terres protégées.

 

Le gouvernement, qui vise à baisser de 50 % les émissions d’azote d’ici à 2030, a prévenu que des expropriations ne sont pas à exclure, une mesure très sensible qui alimente la fronde agricole.

Les excuses du Premier ministre

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a présenté vendredi des excuses pour la « carte de l’azote » du cabinet indiquant les zones clés à protéger, reconnaissant que celle-ci avait conduit à « une grande confusion » parmi les agriculteurs.

 

La vive opposition des agriculteurs reçoit un soutien croissant depuis l’étranger, notamment de la part de l’ancien président américain Donald Trump et de populistes se joignant à leur cause.