La nouvelle législation — approuvée mercredi 23 novembre à une large majorité par le Parlement européen, après avoir déjà reçu l’aval des États membres — doit permettre de diminuer de moitié l’impact des polluants sur la santé d’ici 2030, a fait valoir la rapporteure du texte au Parlement, l’élue britannique Julie Girling.

 

Dans le détail, le texte fixe pour chaque pays membre des plafonds d’émission de polluants. Ainsi, les émissions d’oxydes d’azote (issues principalement du transport routier et des centrales électriques, et qui se sont retrouvées au centre du scandale Volkswagen) devront baisser de 63 % d’ici 2030, par rapport à 2005.

Baisse de 19 % des émissions d’ammoniac

Pour l’ammoniac, émis par les engrais et l’élevage, la baisse sera de 19 %. En revanche, le texte laisse de côté le méthane, produit notamment par l’élevage, ce qu’ont déploré les élus écologistes à Strasbourg, mais également le commissaire chargé de l’énergie et du climat Miguel Arias Canete. Légiférer sur le méthane « n’aurait fait que créer des complications additionnelles pour nos agriculteurs, qui n’ont vraiment pas besoin de ça », a au contraire jugé Françoise Grossetête.

 

Pour le dioxyde de soufre (chauffage et électricité, industrie alimentaire) la baisse prévue est de 79 %, et pour les particules (combustion du charbon et du bois, transport routier, usines et centrales électriques), de 49 %. Enfin, le texte prévoit de réduire de 40 % les émissions de composés organiques volatiles issus des peintures et solvants, ou de l’industrie.

400 000 décès prématurés par an

Selon les chiffres avancés par l’UE, 400 000 décès prématurés par an en Europe sont liés à la pollution de l’air, soit dix fois plus que les accidents de la route. Ce type de pollution coûte 15 milliards d’euros par an en termes de journées de travail perdues, 4 milliards de coûts de santé et 3 milliards en termes de pertes de rendement des cultures.

 

« Ces dernières années nous nous sommes tellement concentrés sur le CO2 que nous avons négligé la qualité de l’air dans son ensemble », a souligné Mme Girling. « La pollution atmosphérique est un tueur de masse silencieux, dont on parle peu, mais qui fait pourtant un véritable massacre », a observé de son côté l’élue conservatrice française Françoise Grossetête. « Dans certaines zones urbaines, respirer l’air ambiant est aussi dangereux que de fumer 10 cigarettes par jour », a-t-elle ajouté.