À quelques jours de Thanksgiving aux États-Unis, et à un mois de Noël, l’association Welfarm — Protection mondiale des animaux de ferme publie un site internet à charge contre les modes d’élevage de la filière dinde. Elle estime que 97 % de ces volatiles « sont confinés en densité élevée dans des bâtiments souvent très faiblement éclairés », et dénonce les pratiques comme l’épointage, voire le « dégriffage ».

 

Welfarm, dont l’objectif n’est pas de diaboliser la consommation de viande mais d’œuvrer au respect des animaux dans les élevages, regrette que la dinde ne soit « protégée par aucune réglementation spécifique », alors qu’elle est « la deuxième volaille la plus consommée en France ».

Problèmes respiratoires importants

 

La dimension des cages n’est pas la seule incriminée. L’association assure que « la litière sur laquelle reposent ses animaux n’est pas changée avant leur départ à l’abattoir si bien qu’elle devient rapidement sale et humide, développe Welfarm sur son site internet. L’air, chargé d’ammoniac, engendre des problèmes respiratoires parfois importants. »

 

Elle pointe aussi du doigt le choix de souches lourdes. « En 4 mois, ces animaux sélectionnés pour produire de la viande atteignent 11 kg alors que leur cousin sauvage n’en pesait que 3,5 », détaille l’association, estimant que cette rapide prise de poids favorise les boiteries. Welfarm poursuit en rappelant qu’à cause de ce poids, les dindes ne peuvent se reproduire naturellement. « Les mâles reproducteurs sont donc « massés » pour récolter leur sperme et les femelles inséminées chaque semaine », décrit-elle, martelant que ces manipulations sont sources de stress.

 

En plus de sa campagne via internet, Welfarm prévoit de rencontrer les consommateurs dans une quinzaine de grandes villes françaises. Elle propose la signature d’une pétition adressée à Stéphane Le Foll, pour qu’une réglementation claire et contraignante soit adoptée. « L’association souhaite en particulier une limitation de la densité, l’accès à un parcours extérieur et l’utilisation de souches à croissance lente, » précise-t-elle. Enfin, elle recommande la consommation de viande de dindes élevées en plein air, sous les mentions Fermier, Label rouge ou Biologique.