« La Marque du consommateur », vendue au prix et selon des conditions de production décidés par les consommateurs, via une consultation en ligne, a été lancée le 17 octobre 2016. Elle ne concernait qu’un seul produit, une brique de lait UHT commercialisée 99 centimes le litre, et n’était disponible que chez une seule enseigne, Carrefour. Ce tarif a été fixé par les consommateurs à l’issue d’un questionnaire en ligne diffusé cet été, auquel 6 000 consommateurs ont participé.

 

Succès sur le lait

Outre des conditions de production strictes (sans OGM) et transparentes, il garantit une rémunération au producteur de 39 centimes le litre, soit bien au-dessus des 27,5 centimes accordés par Lactalis aux éleveurs après des semaines de tensions. « Il ne nous restait qu’une seule interrogation : est-ce que cela allait se vendre ? Et moins d’un mois après le lancement, nous avons déjà la réponse : le test sur le lait rencontre un grand succès, avec 1 000 magasins qui sont déjà en rupture de stocks », a indiqué Nicolas Chabanne.

 

Selon Martial Darbon, le président du groupement de producteurs fournisseurs de la marque, quelque 1,3 million de litres de lait ont été vendus aux magasins. Carrefour indique de son côté avoir écoulé 500 000 briques de lait de la marque. Le groupe a décidé depuis le 1er novembre d’étendre la diffusion à l’ensemble de son réseau, soit 5 600 magasins.

Une pizza avec du Comté AOP et de la farine française

Forte de ce succès, « La Marque du consommateur » va s’étendre à d’autres produits : 1 500 consommateurs sont en train de « concevoir » une pizza équitable et durable, signale M. Chabanne. Ils peuvent choisir entre différents ingrédients. Pour le fromage, le choix se fait de la préparation fromagère avec amidon jusqu’au Comté AOP. La préférence française peut être choisie sur la farine et les tomates mais pas sur l’huile ou les olives. Contrairement au lait, les internautes ne peuvent pas actuellement pas choisir la rémunération des producteurs. Sur ce point, le site n’apporte pas de précision sur les prix qui seront payés aux agriculteurs, ni quels seront les intermédiaires.

 

Les consommateurs peuvent aussi élaborer leur jus de pomme. Outre le choix de l’origine France, ils peuvent choisir entre trois modes de production pour les pommes. Le site propose une culture « intensive avec engrais et pesticides », « écoresponsable (selon la charte ANPP) » et « biologique ». Cette dernière ne serait disponible qu’à l’horizon de 2017. Pour ce produit, comme pour le lait, les consommateurs décident du niveau de rémunération des exploitants.

De nouveaux critères sur le bio ou le bien-être animal

« D’autres produits sont prévus, comme le fromage blanc, des cookies, des steaks hachés, des fraises, etc. Nous avons aussi beaucoup de demandes autour des produits bio, vegan et respectueux du bien-être animal qui seront prochainement développés », indique-t-il.

 

Par ailleurs, la marque devrait d’ici à la fin de 2016 ou au début de 2017 faire son apparition chez d’autres distributeurs, ajoute-t-il. Parmi eux : Leclerc, Système U, Cora, Intermarché, Colruyt. « Nous sommes aussi en contact avec de grandes marques qui voudraient décliner le concept pour sortir de la simple problématique des prix les plus bas », a ajouté M. Chabanne. Enfin, selon lui, « au moins 10 autres pays vont reproduire l’initiative en 2017 » sur le lait et les jus, via un partenariat avec Tetra Pak.