La Confédération paysanne réagit à son tour au plan d’urgence de soutien annoncé le 27 juillet par le gouvernement face aux moissons catastrophiques. « Ce plan d’urgence permettra d’accorder une bouffée d’air aux paysan-ne-s les plus impactés, mais reste insuffisant puisqu’il manquera entre 2 et 4 années de revenu, juge le syndicat agricole. Par ailleurs, il ne réglera pas toutes les difficultés rencontrées car certaines sont aujourd’hui structurelles et liées à un projet politique qui fait de l’agriculture un simple secteur marchand soumis aux règles de la compétitivité.»

Selon la Confédération paysanne, « la situation actuelle pose la question de l’assurance climatique - qui ne couvre que 20 % des paysans - et de son fonctionnement ». Elle demande ainsi une « harmonisation de son organisation sur l’ensemble du territoire». « Un encadrement par l’État est nécessaire et justifié par la part de financement public dont bénéficie le système assurantiel. Il doit permettre d’éviter des situations de rejets d’indemnisations sous prétexte que les paysan-ne-s n’auraient pas anticipé les mauvaises récoltes, alors qu’aucune institution n’a su les prévoir », développe l’organisation.

Redistribution à hauteur de 20 % dès 2017

Par ailleurs, « cette crise ne doit pas être l’argument corporatiste et au bénéfice des plus grosses fermes d’une contestation de la majoration sur les 52 premiers hectares. Le cap d’une redistribution à hauteur de 20 % dès 2017 est le moyen d’accorder une attention particulière aux petites et moyennes fermes et de rééquilibrer les aides vers les autres secteurs, eux aussi très impactés. »

Enfin, pour la Confédération paysanne, « la baisse des cours, résultant d’une récolte mondiale plutôt bonne contrairement à la France, montre les limites d’un système largement tourné vers un marché mondialisé. Cette crise liée, entre autres, à des aléas climatiques inconnus et imprévus révèle la fragilité du système agricole en l’absence de régulation des prix. »

Dans ce contexte, la Confédération paysanne veut que le gouvernement français soutienne « un projet agricole où l’emploi est au coeur et qui prône l’autonomie, la relocalisation et la souveraineté alimentaire.»

I.E.

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