Le Crédit Agricole Centre Loire, qui regroupe le Loiret, la Nièvre et le Cher, propose un prêt amortissable pour la perte de chiffre d’affaires, sur 5 à 6 ans, avec des taux d’intérêt entre 1,2 et 1,4 %. Par exemple, si un exploitant a perdu 100 000 euros de chiffre d’affaires, le remboursement sera de 20 000 euros plus les intérêts, chaque année. « Nous allons proposer cette solution massivement à tous les agriculteurs qui ont une situation saine », a annoncé François Thibault, président de la caisse Centre Loire.

1,3 million de tonnes en moins

Axereal, la coopérative qui s’étend sur toute la Région Centre, chiffre son manque de collecte à 1,3 million de tonnes, soit une perte de chiffre d’affaires de 10 %. Le géant de la collecte propose un paiement des semences à la moisson de 2017 et va développer avec les banques des prêts de trésorerie pour financer la prochaine campagne. Pour la récolte de 2016, le groupe ne tiendra pas compte des grains de blé cassés dans le calcul des réfactions. Pour l’orge, il n’y aura pas de réfaction sur le taux de protéines et un prix plancher de 85 €/t devrait limiter les pertes.

Les collectivités se mobilisent

Le Conseil régional du Centre-Val-de-Loire réoriente son budget annuel de 8 M€, habituellement destiné à l’aide à l’investissement via les dispositifs « Cap filière », vers une aide d’urgence. Les modalités seront établies prochainement avec la profession.

Le département du Loiret va continuer à soutenir l’agriculture à hauteur d’un million d’euros, bien que ce ne soit plus dans ses compétences. La Région espère que les cinq autres départements feront de même.

Un travail avec les assureurs

Sur le plan national, Xavier Beulin souhaite mettre en place un fonds de garantie pour obtenir des prêts à conditions avantageuses auprès des banques. Ce fonds pourrait être abondé par la Banque publique d’investissement, les grands distributeurs, l’État et les collectivités, a-t-il expliqué.

Le président de la FNSEA a également annoncé un travail avec les assureurs. « Si l’on veut que le système fonctionne et que le plus grand nombre d’agriculteurs adhèrent, nous ne devons pas nous tromper », a-t-il expliqué. Un travail est ainsi engagé avec les assureurs pour prendre en compte le rendement net, déduit du taux d’impuretés et des déclassements, et non le rendement brut. En clair, l’indemnisation d’une parcelle de blé dur avec un rendement de 25 q/ha, et avec un taux d’impuretés de 60 %, pourrait être comptabilisée sur la base de 10 q/ha. Xavier Beulin espère que l’État accompagnera les assureurs dans cette démarche.

Enfin, le président de la FNSEA, agriculteur dans le Loiret, a salué l’initiative du préfet de Région concernant l’exonération de la taxe foncière non bâtie, qui est automatique pour les parcelles sinistrées. La préfecture va envoyer une lettre aux propriétaires pour qu’ils répercutent cette exonération sur le fermage, comme le prévoit la loi.

Aude Richard

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