« Moisson catastrophique ». Ces deux mots résonnent dans toutes les bouches depuis que la fin de la récolte approche. Du côté des syndicats, comme des services de l’État, tout le monde est unanime : la situation est très grave. Les faibles rendements (30 % en dessous de la moyenne historique pour les blés), des prix bas depuis trois ans et les inondations du début de juin ont anéanti l’agriculture régionale, toutes productions confondues.

 

Un milliard d’euros de perte

 

Selon les premières estimations, le chiffre d’affaires devrait baisser d’un milliard d’euros. Un quart des 26 000 agriculteurs du Centre-Val de Loire pourrait faire faillite et seulement 20 à 30 % pourraient passer le cap sans trop d’encombre, selon les premières estimations de la chambre régionale d’agriculture. « Au regard de l’ampleur de la situation, il n’y a pas de solution toute faite. Nous devons travailler à tous les niveaux. L’ensemble de la profession est mobilisée », souligne Jean-Pierre Leveillard, président de la chambre régionale d’agriculture.

 

Des mesures à tous les niveaux

 

À la fin de la semaine dernière, le préfet de la Région a convoqué toutes les instances agricoles pour une réunion de crise. Conscient de la situation, il a annoncé que le fonds d’allègement des charges 2016, issu du plan soutien à l’élevage, pourra accompagner les agriculteurs céréaliers et les producteurs de fruits et légumes en difficulté. Il permet la prise en charge partielle des coûts liés à la restructuration de l’endettement. Le report des cotisations de MSA ainsi que le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties sont également prévus. Enfin, selon le préfet, les contrôles réalisés sur les exploitations agricoles seront menés « avec discernement », compte tenu des situations exceptionnelles rencontrées.

 

Dans les départements, des cellules de crise se mettent en place avec les DDT ou les préfectures. Les organisations agricoles (coopératives, centres de gestion, chambres, syndicats, banques, etc.) mettent à la disposition du personnel pour écouter les agriculteurs en détresse. Les MSA proposent un service d’accueil dans leurs centres.

 

Au niveau régional, un audit de trois jours sera proposé aux agriculteurs pour remettre à plat la situation de l’exploitation et trouver des solutions. L’objectif est d’en réaliser au moins 250 par département. La profession négocie avec le conseil régional une enveloppe d’environ 500 000 € pour les subventionner.

 

Des négociations sont également engagées avec l’État et avec l’Europe.

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