Dans un communiqué paru jeudi, la coopérative Dijon Céréales s’alarme des résultats de la moisson de 2016, qui est à mi-chemin, et n’hésite pas à employer le terme de « séisme » pour la production régionale. « Si nous pressentions un risque réel depuis au début de juin, nous ne pensions pas atteindre cette situation critique », indique Pascal Demay, directeur en charge du terrain et des céréales de Dijon Céréales.

Les pertes de rendements en orge d’hiver et escourgeon seront de l’ordre de 20 % dans tous les secteurs, avec une moyenne autour de 50-55 q/ha. « Ce constat amer est le résultat des fortes précipitations, cumulées aux faibles températures et au manque de luminosité, qui ont mis à mal le développement des cultures jusqu’au début de l’été », illustre Dijon Céréales. Les calibrages sont également bas, mais permettent tout de même de conserver un débouché important en brasserie pour la coopérative.

Situation économique des exploitations des zones à potentiel moyen

En blé, la perte est annoncée à 30 % comparé à l’an dernier, avec une moyenne qui pourrait tourner autour de 50 q/ha. « Nous nous dirigeons tout droit vers une désillusion en blé », affirme la coopérative.

Toutefois, pour le débouché de la meunerie, la qualité sera bonne et notamment le taux de protéines et les critères technologiques dans les situations où les normes de PS seront atteintes. « Dijon Céréales entreprend un travail de silo important (nettoyage, tri, voire calibrage) pour valoriser au mieux les productions et se mettre en conformité avec les attentes de la filière de la meunerie », souligne l’organisme stockeur dans son communiqué.

Le colza est la moins mauvaise surprise sur les secteurs sud de la zone de collecte. Mais Dijon Céréales précise que « les rendements seront néanmoins très probablement en dessous du niveau pluriannuel, notamment sur la zone nord (plateaux) où un net recul est à noter. »

Dans ce contexte, « se profilent déjà les difficultés économiques des exploitations avec des prix des céréales qui restent bas, sur fond de marché lourd et de production mondiale importante ». Ainsi, Dijon Céréales tire la sonnette d’alarme : « La moisson de 2016 met encore un peu plus à mal la situation économique des exploitations des zones à potentiel moyen de la Région Bourgogne-Franche-Comté, déjà largement pénalisées par les derniers exercices. »

I.E.

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