« Grandes ou petites, toutes les coopératives agricoles françaises ont connu des difficultés en 2014 et 2015 », constate une étude publiée par le groupe Xerfi, leader des études économiques sectorielles. Le chiffre d’affaires cumulé du top 20 des coopératives a de nouveau baissé en 2015 (–4,9 %), après un exercice en 2014 déjà dans le rouge (–1,4 %). Les coopératives de moins de 150 millions d’euros ont, elles aussi, vu leur activité se dégrader (–4 % en 2014 et –3,1 % en 2015, selon le panel Xerfi). Et les experts prévoient un autre recul du chiffre d’affaires des entreprises du panel en 2016 (–1,5 %).

Alliances, fusions et acquisitions ont un coût

Pour les auteurs de l’étude, la course à la taille critique qui sévit depuis plusieurs années chez les coopératives agricoles a un coût. « Le volume des acquisitions a même atteint 689 millions d’euros en 2015 », précise le communiqué de Xerfi. Parallèlement, les fusions se sont poursuivies. Ainsi, la taille moyenne des groupes coopératifs ne cesse de s’accroître.

« Puisque les prêts bancaires ne sont plus à la hauteur des enjeux du secteur, la consolidation ne se réalisera qu’à l’aide de montages financiers innovants », estime les auteurs de l’étude. Les coopératives cherchent désormais du soutien du côté de l’investissement privé. Cela va les amener à « faire évoluer leurs statuts juridiques pour intégrer ce mode de financement, tout en préservant les fondements de leur modèle ».

Prémices de l’internationalisation et des implantations directes

Jusqu’ici peu plébiscité par les groupes coopératifs français, en comparaison à d’autres géants du secteur en Europe, l’international séduit de plus en plus. Selon les auteurs de l’Étude, c’est l’Asie, et en particulier la Chine, qui remporte les suffrages, notamment dans le secteur laitier.

« Les stratégies d’implantation directe des groupes français tendent elles aussi à se développer, constate l’étude. Le modèle reposant uniquement sur des exportations depuis la France risque en effet d’atteindre ses limites à court terme, à cause des coûts liés à la logistique ou des mesures de protectionnisme. » De son côté, Tereos a lancé la construction de deux usines en Chine pour fournir du glucose et de l’amidon aux industriels locaux. Le groupe coopératif Agrial s’est, quant à lui, ouvert les portes des marchés néerlandais, marocain et sénégalais avec le rachat de Van Oers United en 2015. On l’aura compris, l’internationalisation des groupes coopératifs français n’en est qu’à ses prémices.

Pauline Bourdois