Dans le cadre de la Fira, qui s’est tenue à Toulouse les 11 et 12 décembre 2018, une table-ronde plus terre à terre que les présentations techniques et scientifiques a été organisée sur le thème des freins à l’investissement en robotique. À première vue, il y a autant de besoins différents que d’agriculteurs autour de la table. Quand on demande aux protagonistes quel serait le robot de leurs rêves, les réponses sont variées.

 

Pour Flavien Nicolas, viticulteur, le robot idéal ne le contraint pas à modifier son foncier existant. Pour Édouard Lhotte, agriculteur, il doit être entièrement autonome dans la gestion des adventices. Du côté de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et éleveuse de porcs, il effectue le nettoyage et garantie la biosécurité de ses bâtiments.

 

Il apparaît donc clairement qu’à chaque structure correspond un besoin différent. Et c’est là que le premier frein se fait ressentir. À qui témoigner de son besoin ? À qui expliquer ses problématiques ou ses craintes ? À qui demander un conseil indépendant ?

Connaître les possibilités

De timides éléments de réponse apparaissent. La présidente du syndicat majoritaire rappelle qu’« il existe dans les chambres d’agricultures, des divisions de conseils en nouvelles technologies via les instituts ». De son côté, le viticulteur préfère se renseigner sur les salons, en dialoguant directement avec les concepteurs.

 

Les participants rappellent que les technologies déjà existantes sont méconnues ou pas assez mises en valeur. Sur ce point, les agriculteurs sont clairs, « pour nous, cela passe par la présentation des outils au champ. Il n’y a qu’en démonstration que l’efficacité peut être prouvée et elles sont toujours déclencheuses de réflexions », affirment-ils.

Combler le déficit de main-d’œuvre

Pour passer le cap de la robotisation, une étape reste encore à franchir : « comment être sûr que l’entretien peut être assuré ? Et comment recruter des employés qualifiés pour mettre en marche ces machines, ô combien différentes des tracteurs actuels ? » s’inquiètent les agriculteurs.

 

Pour Christiane Lambert, « comme pour le conseil, la technologie évolue plus rapidement que le savoir est transmis. Il faut donc attirer dans le milieu des personnes passionnées de nouvelles technologies et motiver les espaces de formation à entrer dans ce secteur. » Ainsi Marc Vanacht, consultant en AgTech outre-Atlantique, fait part des solutions mises en place sur son territoire : « En Amérique du Nord, des formations spécifiques à l’AgTech se mettent en place. Les agriculteurs frappent eux-mêmes aux portes des universités pour offrir des stages en agriculture connectée sur leurs exploitations. »

 

Alain Pincot, lui aussi consultant, abonde dans ce sens en soutenant que « les agriculteurs, les distributeurs et les fabricants doivent être prêts à proposer des rémunérations plus élevées pour attirer ces compétences vers le machinisme agricole ».

Orienter les aides et investissements

Bien qu’il subsiste des inquiétudes, les conclusions sont unanimes. Pour la majorité des intervenants, les robots constituent « une solution pour la réduction des charges, des produits phytosanitaires et engrais ». Ils demandent donc aux organismes d’investir dans la formation aux nouvelles technologies et d’orienter les aides à l’équipement vers ces outils qui leur permettraient de produire mieux et avec moins d’efforts physiques.