Première à Nogaro, dans le Gers, en août. Deuxième sur le circuit de l’Anneau du Rhin, à Biltzheim, dans le Haut-Rhin, fin septembre. Et pour terminer, première au Vigeant, dans la Vienne ! Le 11 octobre, à l’issue de cette dernière manche et avec plus de vingt points d’avance, Camille Mortreau, 27 ans, est devenue championne de France de vitesse à moto. Sur une Yamaha R6, la jeune femme concourait dans la catégorie des 600 cm³ (voir l’encadré). « Superbe dernière course sur ce beau circuit du Val de Vienne  ! », peut-on lire ce jour-là sur son compte Facebook.

De la route à la piste

Fille d’éleveur, Camille Mortreau vit à Noyant, dans l’est du Maine-et-Loire. Titulaire d’un BTS Acse et d’une licence professionnelle de « Responsable commercial agrofournitures », elle est aujourd’hui chargée d’affaires dans une PME spécialiste de l’entretien des serres et de la désinsectisation. Côté loisirs, « c’est chasse l’hiver, moto l’été ! », prévient cette sportive qui a passé ces deux permis en 2013.

Reste que le monde de la moto est multiple : route, piste, cross. Camille a commencé par la route. Comme d’autres se déplacent en voiture, elle circulait à deux-roues : « J’ai découvert la piste en 2018 avec des amis motards. » Boostée par l’ambiance des circuits, la future championne – qui aime les montées d’adrénaline ! – franchit le cap de la compétition.

Dans la pers­pective de la saison 2019, elle passe le Certificat d’aptitude au sport motocycliste et revend sa moto de route pour acheter la Yamaha. « Pendant l’hiver 2018-2019, je me suis également mise en quête de sponsors et d’équipiers », explique-t-elle. Mathieu, Julien et Ludovic - mécanicien professionnel - l’accompagnent aujourd’hui sur les circuits : « Ils comptent beaucoup dans ma réussite. » De fait, après une saison 2019 de rodage, l’année 2020 aura été celle de la « Team Mortreau ».

Désormais, la pilote réfléchit à la saison 2021 : « Je ferai un championnat, ça, c’est sûr ! Mais je ne sais pas encore si ce sera celui de vitesse ou d’endurance. » En vitesse, règlement oblige, Camille, vainqueure de l’édition 2020, ne peut plus concourir en 600 cm³. « Mais il est toujours possible de s’aligner dans la catégorie supérieure (1 000 cm³) ou de participer au championnat de France masculin », précise-t-elle.

Toutes les options sont donc ouvertes, mais une chose est acquise : celle qui se destine au métier d’agricultrice sera une concurrente extrêmement déterminée.

Anne Mabire