«Je ne me définirais pas comme une féministe. Il y a dans cette approche quelque chose de conflictuel qui ne me convient pas. Par contre, j’attache beaucoup d’importance à ce que les femmes aient, dans la sphère privée comme dans leur milieu professionnel, une place égale à celle des hommes. »

Agricultrice dans le sud de la Vendée, Valérie Chaillou-Février s’est installée en 2010 en EARL avec son mari sur 80 ha. Depuis, cette femme d’engagement a suivi son chemin. Trésorière de Cuma, membre du conseil d’administration de Biolait, elle est aussi, à 48 ans, une véritable ambassadrice de l’égalité homme-femme en agriculture.

Répartir les tâches domestiques

« Cette cause me tient à cœur et nous devons la faire avancer tant les inégalités restent importantes », justifie-t-elle. À la maison, Valérie et son conjoint ont toujours partagé les tâches domestiques et celles liées à l’éducation de leurs trois enfants. « Il faut pourtant savoir que les femmes consacrent en moyenne chaque semaine quatorze heures de plus que les hommes aux travaux ménagers. Je ne soupçonnais pas de tels écarts : c’est plus du tiers d’une semaine de travail ! »

Immergée dans un milieu d’hommes, heureuse d’être éleveuse, Valérie ne se pose pas en victime. « L’éducation est un bon moyen de s’affranchir des inégalités. Dans mon cas, j’ai eu la chance d’avoir des parents très complémentaires. Ma mère était une gestionnaire hors pair et mon père s’est attaché à nous transmettre sa passion de l’élevage. Il l’a fait sans préjugés, sans a priori et a toujours cru en moi. C’est lui qui m’a appris à conduire le tracteur et à traire les vaches. Plus tard, je ne me suis jamais sentie mal à l’aise dans le milieu agricole, ni moins capable qu’un homme d’exercer ce métier. »

Pour promouvoir l’égalité, cette productrice de lait gage, avant tout, sur la discussion ainsi que l’échange. « Dans un groupe, chacun, homme ou femme, apporte ses compétences. Par contre, insiste-t-elle, en cas de remarque désobligeante, il faut réagir sans agressivité mais tout de suite. La mise en confiance et la reconnaissance sont deux éléments importants pour que, toutes, nous nous engagions. » Anne Mabire