En ce mercredi matin, dans la mairie de Bray-sur-Somme, Madeline, sept ans et demi, réalise la table de Pythagore avec des éléments en bois. Elle maîtrise déjà bien les multiplications. Plus loin, Charly, six ans, dessine avec des formes en métal. Céline Leignel, qui organise cet atelier d’inspiration Montessori, les observe d’un œil attentif. Cette maman de trois enfants de trois ans et demi à huit ans a connu la méthode par hasard. « Je l’ai découverte quand mon aînée avait un an, en cherchant des jeux sur internet », raconte-t-elle. La jeune femme, licenciée en maths, achète alors du matériel qu’elle teste auprès de sa progéniture : « Au départ, je ne voyais pas la logique, mais j’ai vite constaté que cette pédagogie, où l’enfant est placé au cœur des apprentissages, fonctionne. »

Échanger autour de la parentalité

Afin de partager son expérience, l’épouse d’agriculteur de Bray-sur-Somme décide de se former (lire l’encadré). Elle monte l’entreprise « La bulle des enfants » et propose deux ateliers par semaine : l’un pour les bébés (7 euros l’heure en présence d’un parent) et l’autre pour les trois à huit ans (20 euros les 2 heures). Musicienne, Céline rapporte parfois sa guitare pour agrémenter les rencontres. « Avec cette approche sensorielle et kinesthésique, je vois des enfants, qui n’avaient pas les bonnes méthodes, progresser », souligne-t-elle. Professeur des écoles à mi-temps à Albert (Somme), elle utilise d’ailleurs certains de ces outils dans sa classe de CE1.

Pleine d’empathie, cette éducatrice dans l’âme a décidé d’aller plus loin et d’organiser des conférences et des ciné-débats. « Souvent, on se pose des questions seul, dans son coin, concernant l’éducation, les repas, le sommeil, les écrans. C’est bon de communiquer. J’ai plaisir à réunir des familles en milieu rural pour échanger autour de la parentalité positive », confie la jeune femme, qui prépare une soirée ayant pour thème « Comment affirmer son autorité avec bienveillance ? ».

11 h 30 ont sonné. La maman de Charly arrive. « Mon fils faisait des caprices pour aller à l’école. Depuis qu’il suit ces ateliers, il est plus concentré et s’épanouit », apprécie-t-elle.

Céline rentre retrouver les siens pour le déjeuner et reviendra ranger la salle dans l’après-midi. Charles, son mari, est heureux que sa femme, arrivée du Pas-de-Calais il y a dix ans, prenne ainsi sa place dans cette commune de 1 350 habitants.

Catherine Yverneau