Les cochons peuvent se révéler d’assez bons nageurs. Mais pas dans n’importe quel endroit : ils aiment barboter dans les flots cristallins de l’une des 365 îles des Exumas, un archipel des Bahamas. Une vingtaine d’entre eux ont pris leurs quartiers à Big Major Cay, un confetti de sable blanc surnommé Pig beach (la plage des cochons).

A la recherche des vers et des coquillages

Deux habitants d’un îlot voisin les ont amenés là dans les années 1990, dans le but de créer une ferme. Wayde Nixon et Don Rolle craignaient alors les répercussions de la guerre du Golfe sur les importations en provenance des États-Unis. Si le projet a été abandonné, les animaux sont restés. Ces porcs domestiques se sont adaptés à leur environnement paradisiaque, n’hésitant pas à se jeter à l’eau, faute de nourriture sur terre, pour chercher des vers et des coquillages dans la mer. Ils sont devenus connus des locaux qui jetaient l’ancre dans ce lagon bleu pour y piquer une tête. Ces derniers se sont mis à leur apporter de la nourriture et, petit à petit, les cochons ont pris l’habitude d’approcher les bateaux dès qu’ils entendaient le bruit d’un moteur.

 

La petite harde représente aujourd’hui une attraction touristique. Très sociables, les cochons au pelage rose, noir ou rayé viennent à la rencontre des embarcations. Des vacanciers n’hésitent pas à nager avec eux. Les excursions rejoignent ensuite une autre plage devenue, elle, le royaume d’une espèce endémique d’iguane, le cyclura cychlura, friand de plantes et de fruits.

Une faune plus jet-set s’est également implantée ici : des célébrités, dont l’acteur Johnny Depp qui s’est offert une île privée après le tournage de Pirates des Caraïbes, en 2002. L’équipe du film avait pour cantine le Santanna’s, gargote sur pilotis réputée pour ses langoustes (30 euros l’assiette), à Little Exuma. « Johnny Depp aimait beaucoup mon cake au rhum », se souvient Maize Rolle, mère de treize enfants. Elle tient la boulangerie voisine, Mômes Batterie, dans ce bourg décati comme perdu au milieu de nulle part, entre ciel et mer.

Mathilde Giard