Rue du Traminer, du Riesling, du Muscat, des Vendangeurs… Il suffit de regarder le plan à l’entrée de la Grand’Rue d’Eguisheim pour avoir envie de parcourir la petite cité alsacienne dont les noms des voies rappellent son activité viticole. Dans le Haut-Rhin, à quelques kilomètres à l’ouest de Colmar, entourée de vignobles, Eguisheim bénéficie d’un environnement attractif. S’y promener est un régal pour les yeux : le village est typiquement alsacien, avec ses anciennes demeures aux toits pointus, aux couleurs vives et aux façades à colombages.

Ce village médiéval plaît aussi par sa taille modeste. Bâti autour de son château, son ensemble architectural, préservé des ravages de l’histoire, a été remarquablement conservé. Autre particularité alsacienne, la commune possède de vastes arrière-cours, dites colongères ou dîmières. Celles-ci appartenaient à un groupement plus ou moins important de fermiers, dépendants d’un même seigneur.

La qualité et la réputation des vins locaux expliquent l’essor de ce qui était alors un haut-lieu du commerce. Eguisheim abrite toujours des domaines viticoles d’importance, comme la maison Charles Baur ou Wolfberger, sise au 6, Grand-Rue. Cette dernière accueille le public dans ses caves historiques, où l’on admire des foudres (tonneaux de très grande capacité) datant du début du XXe siècle. Toutes ces caves proposent à la dégustation des crus locaux.

Les cigognes sont bien présentes sur les toits eguisheimois. D’où la présence d’un panneau que l’on ne trouve qu’en Alsace, prévenant les passants : « Attention, chute de nid possible ! »

Autre signe distinctif, les frontons et linteaux de porte sont ornés de blasons. Il s’agit parfois de la simple marque du tailleur de pierre, de dates gravées, ou encore des initiales des propriétaires. Certains écus indiquent une corporation avec un symbole. Telle maison était celle d’un tonnelier, métier affiché par la représentation de ses outils au centre de l’emblème : deux pinces et un maillet. Sur un autre écusson, le billot du boucher qualifie les armoiries de 1671. Un autre encore date de 1599 et évoque également un tonnelier, mais cette fois, l’épée barre le signe, pour préciser qu’il s’agit d’un maître dans l’art de son métier.

Dominique Péronne