Preuve de sa douceur de vivre, Madère vient d’être primée meilleure destination insulaire d’Europe aux Oscars du tourisme, les World Travel Awards, fin 2021, pour la huitième année de suite. Il règne un printemps éternel sur l’« île aux fleurs » où le mercure affiche une température moyenne de 20 °C. Son surnom est justifié : les agapanthes bleues et blanches poussent librement au bord de l’autoroute, tandis que des vipérines, une espèce endémique, parsèment de rose et de bleu la montagne. De nombreuses essences exotiques ont été rapportées par les explorateurs portugais en escale. Une fois acclimatées, elles étaient introduites sur le continent européen. Des jardins botaniques mettent en scène ces trésors de la nature, dont le parc de Monte Palace, ancienne quinta (propriété rurale) du XVIIIe siècle en surplomb des flots.

 

« L’île aux fleurs »

Madère fut le premier archipel découvert dans l’Atlantique, en 1419. Quand il aborda l’île, l’équipage s’exclama « madeira ! », qui signifie « bois » en portugais. Ce rocher abrite la plus vaste forêt primaire de lauriers de la planète, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité. Si les alizés favorisent cette exubérance subtropicale, l’homme a également usé d’ingéniosité. Dès le XVIe siècle, des canaux d’irrigation, les levadas, étaient aménagés pour acheminer l’eau des versants plus arrosés vers les pentes propices à l’agriculture. La canne à sucre représentait alors l’or blanc de ce territoire. Des itinéraires de promenade longent ces ouvrages, toujours en fonctionnement. « Chaque mercredi, à 9 heures, la pierre bloquant l’accès au champ de ma grand-mère est soulevée, afin de laisser l’eau s’y écouler pendant une heure, décrit Liliana, guide spécialisée dans la randonnée. Puis c’est au tour du voisin situé en aval... »

Les cultures en terrasse sont surplombées de vignes taillées en hauteur. Le raisin donne vie au célèbre vin doux de Madère, produit depuis plus de 500 ans. Toutes ces saveurs se retrouvent au marché de la capitale, Funchal, dérivé de « fenouil » en portugais, plante qui, elle aussi, pousse à l’état sauvage sur ce sol si fertile.

Mathilde Giard