Le plus grand fest-noz de Bretagne se tient habituellement (1) à la mi-novembre à Rennes (Ille-et-Vilaine), avec plus de 5 000 danseurs. C’est l’un des événements phare du festival Yaouank (jeune en breton), qui se déroule à l’automne dans la capitale bretonne. Fest-noz signifie fête de nuit, par opposition à fest-diez, fête de jour. C’est un rassemblement festif basé sur la pratique collective de danses traditionnelles accompagnées de chants et de musiques instrumentales.

Au rythme du milieu rural

Cette tradition est issue du monde paysan. Elle apparaît au XVIe siècle lorsque tout le village s’entraide au moment des travaux des champs. Le soir, dans la cour de ferme, on chante, on forme une ronde pour écouter les histoires racontées dans les chansons et danser en se tenant par la main. La musique arrive plus tard (vers le XIXe siècle) aux sons des binious, bombardes et clarinettes. Les danses s’inspirent des mouvements de travail collectif, notamment pour tasser la terre afin de préparer les aires de battage.

 

Cette pratique communautaire marque la vie des villages avec ses événements (mariages, baptêmes, fêtes paysannes…). Ce sont souvent les seuls moments de sorties, de rencontre et de distraction. Chaque village a ses propres danses. Puis, peu à peu, cette coutume disparaît pour tomber dans l’oubli après la Première Guerre mondiale.

 

Elle ressuscite dans les années 1960 grâce aux grands mouvements culturels bretons et au renouveau des musiques bretonnes et celtiques. Aujourd’hui, la pratique s’est renouvelée. Elle amène un public de plus en plus jeune à se réunir chaque fin de semaine pour danser avec des groupes de musique qui n’hésitent pas à marier traditions et influences variées (funk, rock, jazz…).

Plus belle des reconnaissances, en décembre 2012, le fest-noz a été inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco pour « sa grande convivialité, sa très importante mixité sociale et intergénérationnelle et son ouverture aux autres. »

Avec des centaines de fest-noz (festoù-noz au pluriel en breton) programmés chaque année, cette culture populaire démontre qu’elle est encore bien vivante.

Isabelle Lejas

(1) Annulé cette année pour raisons sanitaires.