Les consommateurs continuent à se convertir au bio. D’après le baromètre de la consommation bio, présenté jeudi 20 février par l’Agence bio (1), 71 % des sondés ont déclaré consommer au moins un produit bio par mois (autant qu’en 2018), dont 14 % au moins une fois par semaine. Et parmi eux, 16 % consomment des produits bio depuis moins d’un an. C’est sensiblement autant qu’en 2018 (17 %), et davantage que les années précédentes (9 à 12 %) : preuve que le recrutement de nouveaux consommateurs est dynamique.

 

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Progression des préoccupations d’ordre sociétal

Parmi les motivations, celle de préserver sa santé reste en tête, citée par 59 % des consommateurs interrogés. « Mais depuis deux ans, une autre motivation a pris le dessus, dépassant même les enjeux environnementaux : celle du goût et de la qualité des aliments », souligne Florent Guhl, directeur de l’Agence bio.

 

Les motivations sociétales sont cependant bien présentes puisque 45 % consomment bio pour préserver l’environnement, 34 % pour le bien-être des animaux et 31 % pour des raisons éthiques et sociales, comme la rémunération des travailleurs agricoles. « Preuve que des préoccupations d’ordre sociétal sont bien là : beaucoup consomment bio au-delà du domaine alimentaire », souligne Florent Guhl. 64 % des sondés achètent ainsi des produits ménagers bio, ce qui peut être interprété comme une volonté de moins polluer.

 

Le principal frein reste cependant le prix des produits bio, cité en priorité, et les « doutes sur le fait que le produit soit véritablement bio » (cité par 66 % des Français).

 

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Changement des modes de consommation

Au-delà de la consommation de produits bio, les Français changent plus globalement leur façon de se nourrir. Depuis trois ans, ils sont 58 % à acheter davantage de frais, 56 % à coller davantage aux saisons et 54 % à privilégier le local.

Finalement, l’achat de produits biologique n’est pas la principale évolution : ils ne sont que 43 % à déclarer en avoir acheté davantage au cours des trois dernières années. Une cohérence que le président de l’Agence Bio Philippe Henry voit comme une bonne nouvelle.

« L’ensemble de ces tendances va dans le sens du scénario Afterres 2050 », proposé par Solagro, qui imagine une France agroécologique à l’horizon 2050. « Ce scénario implique des changements dans la production mais aussi dans la consommation : les consommateurs sont aussi des acteurs du changement agricole de demain ».

 

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(1) Enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de plus de 2 000 Français de plus de 18 ans.