Après les annonces des 9 février et 5 mars 2018 de la ministre du Travail sur la transformation de l’apprentissage et de la formation professionnelle, des inquiétudes demeurent.

Menacés de fermetures

Piloté jusque-là par les Régions, le projet prévoit de transférer la gestion des CFA aux branches professionnelles. Une erreur, selon Gilles Mergy, directeur général de l’association des Régions de France : « De nombreux CFA seront menacés de disparaître parce qu’ils n’atteindront pas un équilibre économique. » Les Régions n’auront plus la capacité de les soutenir. Sans cette aide financière, les CFA les plus fragiles pourraient être les premiers à disparaître.

Nécessité d’attirer…

Pour survivre, ils devront attirer davantage de jeunes. Si chacun des intervenants a salué l’excellence de l’enseignement agricole, ils ont tous admis qu’il souffrait d’un manque d’attractivité. « Sans qu’il y ait une volonté de nuire des enseignants, il existe une méconnaissance absolue de l’enseignement agricole au sein de l’Éducation nationale, explique Philippe Poussin, secrétaire général du Cneap. Les systèmes d’orientation doivent valoriser l’ensemble des voies de formation, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » Il note toutefois une avancée avec la signature d’une convention entre le ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Éducation nationale sur le sujet.

… et de se diversifier

Mieux communiquer sur les offres de formation n’est pas la seule piste étudiée. La nécessité de survivre passe aussi pour la diversification des activités pour cibler un public plus large. Un débouché existe notamment en matière de services à la personne.

Korian, entreprise gérant des maisons de retraite médicalisées, n’hésite pas à s’appuyer à sur les CFA pour recruter. « Nous allons davantage en amont pour nous retrouver au plus proche des bassins d’emploi » explique Nadège Plou, directrice des ressources humaines. Philippe Poussin y voit une belle opportunité : « En travaillant avec les employeurs comme Korian, nous pouvons mieux définir nos formations pour qu’elles correspondent davantage à leurs attentes. »

Dans cet échange donnant-donnant, c’est l’employabilité du jeune qui est garanti. Le secrétaire général le rappelle : « L’insertion professionnelle fait partie des missions essentielles de l’enseignement agricole. »

Alexis Marcotte