Le blé passé au crible
/
  • RÉCEPTION. Au début de juillet, le laboratoire de FranceAgriMer à La Rochelle (Charente-Maritime) reçoit, trie et analyse les échantillons en provenance de 220 organismes stockeurs : 650 de blé tendre, 200 de blé dur et 200 d’orges. Dans le cas particulier du blé tendre, à partir d’un échantillon, l’opératrice réalise 7 sous-échantillons, chacun étant destiné à être analysé sur un critère technologique ou sanitaire particulier. © C. Le Jeune

  • TAUX DE PROTÉINES. À l’aide d’un infraliseur, les laborantins déterminent le taux de protéines des grains. « Le taux de protéines reste le point de communication majeur concernant la qualité des blés à l’exportation », explique Marie-Pierre Leblanc, directrice du laboratoire. C’est en effet un des premiers critères exigés par des pays tiers lors des appels d’offres.

  • POIDS SPÉCIFIQUE. Dès la réception des grains, les échantillons sont pesés afin de déterminer leur masse à l’hectolitre.

  • BROYAGE. Une partie de l’échantillon est broyée en vue de déterminer l’indice de chute Hagberg par la suite. Tous les équipements sont nettoyés consciencieusement par l’équipe entre chaque échantillon pour éviter toute contamination.

  • HAGBERG. À l’issue du broyage, l’échantillon de blé tendre continue son chemin vers la mesure de l’indice de chute de Hagberg. Le temps de chute d’un agitateur est chronométré dans un mélange d’eau et de broyat de blé placé dans un bain d’eau bouillante. Plus le temps est faible, plus l’activité amylasique (en relation avec la germination du blé) est importante. Lorsque cet indice est élevé, la valeur d’utilisation des blés est altérée.

  • FARINE. Une autre partie de l’échantillon part à la meunerie du laboratoire, qui est sous température et hygrométrie contrôlées. Le blé est préalablement nettoyé et conditionné.

  • FORCE DE LA FARINE. L’alvéographe Chopin soumet des pâtons de taille définie à un débit d’air afin de former une bulle. L’évolution de la pression dans la bulle est enregistrée sous forme de courbe à partir de laquelle on détermine la force de la farine (W), la ténacité de la pâte, son extensibilité et son indice d’élasticité.

  • FORCE DE LA FARINE / PÉTRISSAGE. Les pâtons de taille définie sont réalisés par l’alvéographe à la suite d’un pétrissage mécanique, le tout à température et hygrométrie constantes.

  • FORCE DE LA FARINE / INSERTION DU PÂTON. Le pâton est inséré délicatement dans l’alvéographe au niveau de la sortie d’air qui le mettra sous pression et permettra la formation de la bulle.

  • FORCE DE LA FARINE / FORMATION DE LA BULLE. La bulle de pâte se forme. L’évolution de la pression dans la bulle est enregistrée au cours du temps jusqu’à son explosion.

  • IMPURETÉS. Les laborantins recherchent d’abord l’ergot à l’œil nu, champignon qui a refait son apparition au cours de ces dernières années. La propreté du grain est un critère de qualité pour l’exportation. Puis sont triés à la main les grains cassés, mouchetés, germés, attaqués par des prédateurs, impuretés diverses… Un travail de fourmi réalisé à la fin de l’analyse.

  • MYCOTOXINES. Dernière étape, la recherche de mycotoxines dont les résultats sont confidentiels et destinés à alerter les opérateurs d’un risque sanitaire potentiel sur les récoltes.Les laborantins testent les échantillons par la méthode Elisa. Plus c’est jaune, plus il y a de toxines. Lorsqu’il y a contamination, l’échantillon est envoyé pour des analyses plus poussées.

  • MYCOTOXINES. Si l’on détecte une contamination, les experts analysent le lot par chromatographie et communiquent les résultats aux professionnels de la filière française uniquement.

  • TRAVAIL INTENSE. Une organisation militaire est essentielle au sein du laboratoire pour brasser 3 à 5 tonnes de blé en l’espace de deux mois ! Tout est noté, reporté et chronométré, car un simple dysfonctionnement pourrait mettre en péril la sortie à temps de la plaquette commerciale. Il faut 48 heures pour analyser un échantillon. L’équipe de 15 personnes du laboratoire de FranceAgriMer travaille tout l’été au pas de course pour répondre aux questions de tous les opérateurs de la filière.

En juillet et août, le laboratoire national de FranceAgriMer réalise « les enquêtes collecteurs », études nationales sur la qualité technologique et sanitaire des céréales française. 15 personnes travaillent d’arrache-pied pour analyser le millier d’échantillons représentatifs de la production française, et rédiger la plaquette sur la qualité des blés. Ce document, très attendu des opérateurs, sert surtout de vitrine pour la vente de nos céréales aux pays tiers. La moitié des 37 millions de tonnes de blé tendre français sont exportées. Dans un contexte de concurrence de plus en plus difficile, entre autres, avec les pays de la mer Noire, cette plaquette commerciale est primordiale.

Carole Le Jeune
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé reste élevé

Les prix du blé demeuraient élevés, le mardi 3 août 2021 en fin d’après-midi, dépassant les 230 euros la tonne sur plusieurs échéances, soutenus par des déceptions concernant l’offre de l’Amérique du Nord à la Russie.