Les sénateurs Françoise Cartron (LaREM) et Jean-Luc Fichet (Socialistes et Républicains) ont présenté leur rapport à la presse le jeudi 28 mai 2020 sur la question de l’alimentation durable. Celui-ci avait été adopté le matin même par l’ensemble de la délégation à la prospective du Sénat.

Quatre enjeux majeurs

Fruit d’un travail de six mois et de la concertation d’une quarantaine d’acteurs de l’amont et de l’aval de la filière agroalimentaire, le rapport examine, à partir de quatre enjeux, l’avenir d’une alimentation plus durable. La clef de voûte semble en être le développement de la filière des légumineuses.

  1. Enjeu d’indépendance

    Partant du constat d’une végétalisation des systèmes alimentaires, les deux rapporteurs ont rappelé l’importance de définir une stratégie d’autonomie protéique et de reterritorialiser les productions, notamment de légumineuses destinées à l’alimentation animale.

    L’approvisionnement en local dans la consommation des ménages passe également par le soutien des projets alimentaires et agricoles de territoire et à une politique foncière ambitieuse, qui favorise l’installation de producteurs.

  2. Enjeu économique et écologique

    Les sénateurs l’ont rappelé, la transition agroécologique est inhérente à la transition vers une alimentation plus durable. Pour cela, le rapport propose de travailler sur la filière des légumineuses pour l’alimentation humaine, en travaillant d’une part à les faire connaître « dans la cuisine du quotidien » mais aussi en encourageant les agriculteurs à contractualiser sur cette production, un « système intéressant pour l’amont et l’aval de la filière », explique le sénateur Jean-Luc Fichet.

    Les sénateurs ont également précisé qu’ils souhaitaient réorienter les aides de la Pac pour une meilleure rémunération des services agro-systèmiques rendus par les légumineuses. « Nous allons proposer une résolution qui puisse inspirer la politique de la Pac sans attendre », a précisé la sénatrice Françoise Cartron.

    Enfin, la transition agroécologique passera selon eux, par la diversification des assolements, une baisse de la consommation en produits animaux tout en favorisant « les élevages durables […] indispensables à la maîtrise des gaz à effet de serre et à la préservation de la biodiversité ».

  3. Enjeu écologique et social

    Les sénateurs souhaitent assainir l’offre alimentaire et lutter contre les inégalités pour l’accès aux produits les plus sains. Pour cela, ils proposent une aide financière pour réduire les prix des produits les plus durables, en taxant les aliments de moins bonne qualité. Le produit de ces taxes pourrait également financer des chèques « alimentation saine » permettant d’acheter fruits et légumes.

  4. Enjeu de santé

    Enfin, les sénateurs ont rappelé les risques de malnutrition quant à la diffusion de nouveaux régimes alimentaires (véganisme, régime amincissant..) et aux pratiques conduisant à l’obésité. L’éducation à l’alimentation durable, le renforcement de la recherche scientifique sur l’impact des résidus de pesticides sur la santé ou encore des recommandations de « bonnes pratiques alimentaires du point de vue écologique » ont également été évoqués.

A.Gambarini