Le Conseil des ministres a entériné mercredi un plan d'action d'un montant « estimé » de 134 millions d'euros sur la période 2010-2014 pour éliminer les algues vertes qui s'échouent sur les côtes bretonnes, a annoncé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Ce plan répond à un engagement pris par le Premier ministre lors de son déplacement à Saint-Michel-en-Grève le 20 août 2009. Il concerne les vingt-trois bassins versants associés aux huit baies à « algues vertes » identifiées dans le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) du bassin Loire-Bretagne, rappelle un communiqué publié à l'issue du conseil des ministres

Ce plan a pour premier objectif d'assurer « une gestion irréprochable des algues vertes qui sont échouées en améliorant leur ramassage et leur traitement » afin « de supprimer tout risque sanitaire et de réduire les nuisances », a expliqué M. Chatel en rendant compte des travaux du Conseil des ministres.

Présentées par le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, ces mesures visent aussi à « réduire les flux de nitrates de toutes origines vers les côtes ». A cette fin, il prévoit de « préserver ou de réhabiliter les zones naturelles et de modifier les pratiques agricoles dans les bassins versants concernés ».

Une traçabilité des flux d'azote sera également mise en place ainsi qu'un renforcement des contrôles. Certaines mesures seront mises en oeuvre sous forme d'appels à projets territoriaux, souligne le communiqué.

Un dernier volet prévoit enfin « d'améliorer les connaissances sur le phénomène de prolifération des algues vertes et sur les moyens de leur valorisation », selon Luc Chatel.

A la sortie du conseil des ministres, Mme Jouanno a précisé que l'Etat consacrerait 40 millions d'euros au financement de ce plan pour les seules années 2010 et 2011.

La mise en oeuvre de ce plan sera assurée par un comité de pilotage présidé par le préfet de la Bretagne, et associant la région Bretagne, l'agence de l'eau Loire-Bretagne et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), ainsi que l'ensemble des acteurs concernés, prévient le communiqué.

Bruno Le Maire et Chantal Jouanno doivent en préciser les détails vendredi lors d'un déplacement dans la région.

Cap Bretagne, association qui représente la profession agricole (1), a répondu qu'elle « met en garde le gouvernement sur un plan d'action algues vertes inefficace et dévastateur pour la Bretagne », mercredi après-midi dans un communiqué.

Elle « réaffirme sa volonté de lutter contre les algues vertes » et rappelle qu'elle a « conçu et proposé des mesures expérimentales, présentées le 15 décembre 2009 » au gouvernement.

Les agriculteurs ont réaffirmé que « les mesures expérimentales proposées sur les bassins versants de Saint-Brieuc et de la Lieue-de-Grèves ne doivent pas être généralisées à l'ensemble des baies touchées par les algues vertes en Bretagne ».

Ils souhaitent également qu'un « groupement d'études, composé de scientifiques nationaux et internationaux » se penche sur « les causes de la prolifération des algues vertes » et qu'ils puissent « apporter un éclairage impartial sur les mesures les plus efficaces à appliquer ».

« Tous les acteurs du territoire sont concernés et doivent avancer ensemble pour résoudre le problème », martèle Cap Bretagne.

La profession agricole « craint que les mesures qui seront prises dans le cadre du plan gouvernemental ne mettent en danger la pérennité des exploitations familiales typiques de la Bretagne. Elles risquent d'autant plus d'être inefficaces », a ajouté Cap Bretagne.

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(1) Chambre régionale d'agriculture de la Bretagne, FRSEA, JA, Coop de France Ouest, UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne).

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Algues vertes : un plan quinquennal vise « dès 2010 » leur élimination(3 février 2010)

B.V.