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Retarder des semis de céréales pour répartir les risques

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Pour renforcer l’effet désherbant du semis tardif, il est possible d’effectuer un ou plusieurs passages de travail superficiel du sol entre août et la mi-octobre. © C. Thiriet

Le décalage de la date de semis est un des leviers permettant de réduire l’impact des aléas sur les cultures.

Différer l’implantation de deux à trois semaines par rapport à la date de semis conventionnelle peut être bénéfique pour les céréales. À l’échelle d’une exploitation, cette pratique sur certaines parcelles permet de diversifier les périodes de semis dans la rotation. Dans un contexte climatique de plus en plus chaotique, la méthode désynchronise le développement des cultures et sécurise le rendement tout en répartissant les risques.

Retarder la date de semis limite la pression des bioagresseurs tels que les pucerons, dont les attaques sont généralement plus faibles à l’automne. On restreint, par conséquent, les risques de viroses comme la jaunisse nanisante de l’orge. Cette technique offre aussi un intérêt face aux maladies fongiques telles que la septoriose, le piétin-verse ou encore les rouilles brune et jaune.

« Cela tient principalement au fait que les semis tardifs échappent aux premières contaminations par voie ascosporée, souligne Arvalis. Le point initial de l’épidémie étant décalé, l’inoculum est moins abondant en sortie d’hiver », les infections ayant principalement lieu à l’automne. De plus, le semis tardif s’intègre dans la stratégie de contrôle des adventices. En effet, le décalage appliqué empêche une implantation de céréales au cours de la période de levée préférentielle des mauvaises herbes.

Diversifier le désherbage

L’efficacité de cette pratique dépend principalement de la phase d’émergence des adventices. Pour de bons résultats, la cible doit présenter un pic de levée. C’est le cas, par exemple, du vulpin ou du ray-grass. À l’inverse, cette méthode ne sera pas efficace lors d’une infection de pâturin annuel, celui-ci ayant une levée échelonnée. Par ailleurs, il est conseillé, en complément, d’effectuer un faux-semis.

Ce travail superficiel du sol en amont renforce les effets du décalage du semis en stimulant la levée des adventices. Les graminées nuisibles sont ensuite détruites au moment du semis, baissant ainsi le stock semencier des parcelles. « La réalisation d’un faux-semis réduit de 50 à 90 % le risque d’infestation des parcelles, pour certaines variétés, en fonction des dates de semis choisies », indique Arvalis.

Malgré tous les bénéfices que le semis tardif apporte, il y a certaines précautions à prendre pour déplorer de moindres pertes à la récolte. Selon les régions, le potentiel de rendement est en retrait « de 0,12 q/ha à 0,6 q/ha par jour de retard du semis par rapport à la plage idéale », d’après l’institut. Afin de réduire cette pénalité, il est conseillé de tenir compte de la précocité au moment du choix variétal.

Mélanie Beranger

Adapter la densité de semis

Le choix de la date de semis doit être fait en fonction du climat et de la nature du sol. Les conditions climatiques fin octobre-début novembre peuvent être un frein à cette pratique. Dans les sols de type argileux, peu favorables à l’établissement du peuplement de la culture, il s’avère parfois impossible de semer. En cas de semis tardif, la qualité d’implantation est souvent moins bonne, abaissant ainsi le taux de levée. « La période de tallage est aussi raccourcie, avec des talles moins résistantes en cas de conditions stressantes en montaison », indique Arvalis. Enfin, on expose la culture à des pertes de pieds en cas de gel, ou un risque accru d’échaudage en cas de fortes chaleurs au printemps. Pour contrebalancer les effets négatifs de cette pratique, il faut augmenter la densité de semis.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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