Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a reçu, mardi 29 octobre à Paris, les représentants de la .chambre d’agriculture, des syndicats agricoles, et différents élus corses pour construire avec eux l’avenir de l’agriculture insulaire et répondre à la grogne manifeste. Le mécontentement du monde agricole fait suite aux contrôles réalisés par photo-interprétation par l’Europe afin de vérifier la légitimité des surfaces déclarées. Celles-ci ne seraient pas « reconnues pleinement par la Commission européenne qui décide du paiement des aides de la Pac », selon un communiqué de la FDSEA de la Haute-Corse et des Jeunes Agriculteurs.

Les syndicats dénoncent le nombre massif d’exploitations contrôlées ainsi que la crainte de ne pas voir attribuées les aides de 2019 plongeant les exploitations dans « une grande déception, voire du désespoir ».

Pas de décision à court terme

Durant le rendez-vous, le ministre a annoncé toute une série de mesures pour ne pas « léser les agriculteurs de bonne foi », notamment rouvrir la période de contestation du contrôle photo jusqu’au 20 novembre 2019, renforcer les visites de terrain afin de corroborer les résultats et la mise en place dès aujourd’hui d’une cellule d’urgence pour accompagner les agriculteurs amenés à être déchus de leurs aides.

Ces annonces font suite à la volonté du ministre de « co-construire un nouveau projet pour l’agriculture corse ». À l’issue de la réunion, les participants se sont dit déçus qu’aucune solution court terme n’ait été trouvée pour protéger les agriculteurs déjà en grave difficulté financière et qui risquent d’être privés d’aides jusqu’en 2022.

Un climat tendu en Corse

Il y a déjà deux semaines, le syndicat Mossa Paisana avait décidé d’occuper les bureaux de la DDTM à Ajaccio, dénonçant les contrôles massifs menés sur les exploitations de l’île. Ces derniers ont décidé de ne pas participer à la réunion organisée par le ministre annonçant qu’ils n’avaient pas pour « vocation de fréquenter les salons feutrés ou serrer la main scélérate de ceux qui plantent un poignard dans le dos de toute une profession » et qu’ils souhaitaient se battre « pour que la Corse soit la seule à décider de son avenir agricole par la gestion du premier pilier, sans passer par le filtre étatique français ».

La semaine dernière, une plainte a été déposée par le préfet de la Haute-Corse pour « dégradation de biens publics » commis dans les locaux de la DDTM et dont l’accusé principal serait Joseph Colombani, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Corse. Cette action avait provoqué en soutien quelques rassemblements d’agriculteurs à l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs indépendants.

A. Gambarini