En adoptant un amendement du député du Doubs Éric Alauzet, la commission des finances de l’Assemblée nationale a décidé le 9 novembre de prolonger en 2018 l’aide au maintien de l’agriculture biologique, que le gouvernement avait supprimée de son projet de budget. Cet amendement devra encore être voté en séance pour être adopté.

Ce premier vote, cependant, révèle l’intérêt que porte la société au sort de l’agriculture biologique… Le ministre de l’Agriculture ne s’y trompe pas quand il nie publiquement tout désengagement de l’État !

« Moi aujourd’hui je n’ai rien supprimé », affirmait-il, quelques heures après le vote des députés, sur le plateau de Public Sénat. « Il est hors de question de laisser dire que les aides [bio] n’arrivent plus dans les exploitations », a martelé Stéphane Travert. « Les aides Maec arrivent dans les exploitations puisque nous respectons le calendrier que nous avons donné. Et sur les aides bio, conversion, crédit d’impôt, nous sommes au rendez-vous. »

Le ministre a voulu ainsi « rassurer » la société, mais les agriculteurs, eux, ne s’y laisseront pas prendre. Oui, Monsieur le ministre, le dernier calendrier annoncé est respecté, mais les aides bio et Maec qui commencent seulement à arriver dans les exploitations ce mois-ci sont attendues depuis 2015… Oui, Monsieur le ministre, l’État a prolongé le crédit d’impôt, mais cette mesure – qui n’est pas nouvelle — est annuelle et limitée à 2 500 €, bien différente d’une aide au maintien versée sur 5 ans, qui pouvait parfois atteindre 10 000 à 12 000 €/an (voire plus)…

B. Lafeuille