Cet organisme « confirme avoir terminé en juin 2018 une enquête sur des allégations de fraudes concernant des paiements à des éleveurs en Corse qui étaient cofinancés par des fonds agricoles européens », indique son service de presse.

L’enquête de l’Olaf, qui « porte sur la période 2015-2017 », s’est conclue par des « recommandations faites au directoire général de l’agriculture et du développement rural de la Commission européenne l’invitant à récupérer 536 500 euros qui ont été mal utilisés » en Corse, précise-t-il.

« Des milliers de parcelles sans propriétaire établi »

Selon ce rapport confidentiel de l’Olaf, l’enquête, ouverte le 25 avril 2017, « a tout d’abord démontré la complexité excessive du dispositif […] des aides directes de la politique agricole commune (Pac) en Corse ».

L’Olaf identifie six fraudeurs, trois en Corse-du-Sud et trois en Haute-Corse. Les auditions ont confirmé « l’existence d’un préjudice […] pour le budget de l’Union européenne » via le « paiement d’aides européennes indues correspondant à des surfaces ou des bénéficiaires non éligibles », peut-on lire dans le rapport.

En 2015, « la revalorisation “politique” des aides » agricoles allouées à la Corse, qui sont passées de 13,9 millions d’euros en 2014 à 36 millions d’euros par an depuis 2015, et « le contexte naturel de la Corse, avec ses milliers de parcelles sans propriétaire établi », ont notamment « abouti à un effet d’aubaine dont ont pu profiter une minorité d’éleveurs », pointe l’Olaf.

Les fraudes présumées à la Pac sont également au cœur d’une enquête préliminaire ouverte le 14 novembre par le parquet d’Ajaccio pour « escroquerie aggravée ». Un contrôle antifraude inopiné sur quatre exploitations agricoles de la famille d’un dirigeant de la chambre d’agriculture de la Corse-du-Sud a mis en évidence des déclarations de cheptels majorées. Ces quatre exploitations bénéficient de 400 000 euros d’aides européennes chaque année, selon le procureur d’Ajaccio.

Avec l’AFP

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