Les banques alimentaires, qui viennent en aide aux Européens les plus démunis, doivent pouvoir continuer à bénéficier d'un financement européen, a plaidé lundi le président de la Commission, José Manuel Barroso, alors que plusieurs Etats membres rechignent à préserver ce système qui fait partie de la Pac.

« Alors même que nous avons davantage de pauvreté en Europe, ce serait un scandale que l'UE supprime, comme certains le voudraient, des programmes de lutte contre la pauvreté », a déclaré José Manuel Barroso, lors d'une visite dans un entrepôt de la Banque alimentaire à Strasbourg, en marge de la session plénière du Parlement européen.

« Je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment qu'il s'agit seulement d'une compétence des Etats. L'Europe doit aussi avoir une action sociale. Si on peut, au niveau européen, donner un appui supplémentaire aux plus démunis, il faut le faire », a ajouté le président de l'exécutif européen.

Il faisait allusion à l'avenir du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), mis en place en 1987 par son prédécesseur Jacques Delors, en réaction à l'appel de Coluche pour « donner à manger à tous ceux qui ont faim ».

Le financement européen est de 500 millions d'euros chaque année. Mis en place à l'origine pour fournir des stocks de produits agricoles (stocks d'intervention) aux personnes les plus pauvres, le régime a été modifié au milieu des années 1990 dans le cadre du processus de réforme de la Pac, pour permettre, dans certaines circonstances, de compléter les stocks d'intervention par des achats sur le marché.

En septembre, la Commission, soutenue par le Parlement européen, a proposé aux 27 de maintenir en l'état le système actuel dans la réforme de la Pac en cours de discussion.

Mais plusieurs Etats membres – entre autres l'Allemagne, le Royaume-Uni et les pays scandinaves – sont réticents, estimant que l'aide aux démunis relève des politiques sociales, et non pas agricoles, et que ce dossier relève de la compétence des Etats.

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