La France va « batailler » pour obtenir le maintien du plan européen d'aide aux plus démunis (PEAD), a assuré, lundi, le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, lors d'une visite dans un centre de distribution de denrées alimentaires des Restos du Coeur.

« Nous sommes optimistes, on doit pouvoir y arriver, c'est une bataille, mais on doit pouvoir y arriver », a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec le président des Restos, Olivier Berthe, dans un centre de l'association située à la porte de la Villette, à Paris.

« Il faut agir maintenant », a alerté Olivier Berthe. « Avec la renégociation de la politique agricole commune, les choses s'accélèrent. Le risque, c'est la disparition du plan », a-t-il souligné.

Dans le cadre du PEAD, l'UE fait don aux banques alimentaires des denrées excédentaires qu'elle rachète sur les marchés agricoles pour réguler les prix. Ce système fournit plus de la moitié des denrées distribuées aux plus démunis par les quelque 240 banques européennes.

En septembre, la Commission, soutenue par le Parlement européen, a proposé aux 27 de maintenir le système actuel en l'état dans la future Pac en cours de discussion, qui doit entrer en vigueur en 2013.

Mais sept Etats membres, dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, sont réticents : pour eux, cette aide relève des politiques sociales, et non agricoles, et dépend donc de la compétence des Etats.

Le PEAD, « c'est de l'Europe concrète », a plaidé Laurent Wauquiez, qui travaille sur ce dossier avec le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.

« C'est un des seuls programmes européens destinés à aider les gens, et non les structures. Il aide 13 millions d'Européens », a fait valoir Olivier Berthe.

Les Restos du Coeur, dont 23 % des denrées distribuées sont financées par le PEAD, estime que sa suppression entraînerait la disparition de 25 % à 50 % des distributions alimentaires françaises.

Le PEAD pèse 500 millions d'euros. Il a été mis en place en 1987 par Jacques Delors, alors président de la Commission européenne.

L'actuel président de la Commission, José Manuel Barroso, a estimé en février que les banques alimentaires devaient pouvoir continuer à puiser dans les excédents de la Pac.

Quelque 80 millions d'Européens vivent sous le seuil de pauvreté, selon les Restos du Coeur.

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