Après trois années de croissance, la filière des agroéquipements se retrouve à nouveau face à un recul conséquent de l'activité.

Les ventes de tracteurs neufs suffisent à donner une idée du repli : depuis le début de l'année, elles sont en baisse de 28 %, comparé à la même période de 2013.

Après un premier semestre en recul, Axema (Union des industriels de l'agroéquipement) et le Sedima (Syndicat national des entreprises de services et de distribution du machinisme agricole) font état d'une nouvelle détérioration de la conjoncture au second semestre. Ils tempèrent le phénomène en expliquant que 2013 a été une année exceptionnelle et que la baisse relevée ces derniers mois ramène l'activité à un niveau encore acceptable. La filière rappelle aussi que certains secteurs se portent encore bien, comme la viticulture et, dans une moindre mesure, les matériels pour les espaces verts.

En se basant sur un sondage auprès des constructeurs, la baisse est surtout sévère en tracteurs, matériels de travail du sol, pulvérisation, semis et plantation, transport et manutention. En gros, il apparaît que le secteur des grandes cultures est plus affecté dans ses investissements que le monde de l'élevage.

Perspectives pour 2015

Au chapitre des perspectives, Axema et le Sedima se veulent modérément optimistes en se référant à un récent sondage (septembre 2014) mené par la Commission européenne. Sondage qui indique que 67 % des agriculteurs français songent à investir dans les cinq ans qui viennent. La France se classe deuxième dans l'UE, derrière l'Allemagne (76 %) et devant la Pologne (62 %), l'Espagne (57 %) et l'Italie (28 %).

Les chiffres sur la situation financière des agriculteurs sont eux aussi rassurants : ils seraient 64 % à faire état d'une stabilité... mais 43 % à penser que les perspectives économiques vont se détériorer au cours des deux, trois prochaines années.

Un autre sondage Axema auprès des industriels indique qu'ils sont 44 % à prévoir une baisse de leur chiffre d'affaires en 2015. La même question posée par le Sedima à ses adhérents montre qu'ils sont 52 % à s'attendre à un tassement des commandes l'année prochaine. Interrogés sur l'ampleur du recul, les professionnels l'estiment à plus ou moins 15 %... tout en reconnaissant qu'il ne s'agit que d'une estimation.

R.S.