La Coldiretti publie ce chiffre pour le cinquième anniversaire de cet embargo, décidé par Vladimir Poutine le 7 août 2014 et prolongé fin juin jusqu’à la fin 2020. L’embargo sur les produits alimentaires occidentaux fut décrété en représailles de sanctions décidées par les Américains et les Européens contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne.

Des exportations à zéro

Cet embargo interdit d’entrée sur le territoire russe une importante liste de produits agroalimentaires provenant de l’Union européenne, de la Norvège, des États-Unis, du Canada et de l’Australie. À cause de lui, les exportations vers la Russie d’un certain nombre de produits italiens, comme le parmesan, le jambon, les pommes, sont tombées à zéro.

« Ceci représente un coût insoutenable pour l’Italie et l’Union européenne et il est important de reprendre la voie du dialogue », plaide le président de la Coldiretti, Ettore Prandini, cité dans le communiqué.

La concurrence du faux “Made in Italy”

Aux pertes directes s’en ajoutent d’autres en termes d’image, « en raison de la diffusion sur le marché russe de produits d’imitation n’ayant rien à voir avec le “Made in Italy” », déplore le syndicat, citant des produits baptisés « Casa Italia » ou « Buona Italia ». La Coldiretti souligne que le faux « Made in Italy » ne vient pas seulement de Russie, mais aussi de pays non touchés par l’embargo, comme la Suisse, la Biélorussie, l’Argentine ou le Brésil.

Malgré l’embargo, les exportations du secteur agroalimentaire italien vers la Russie ont augmenté de 7 % en 2018, atteignant 561 millions d’euros, grâce aux produits épargnés par le blocage, comme le vin, les pâtes, les tomates, le tabac et l’huile. Elles restent néanmoins bien inférieures à 2013, année où elles avaient atteint 705 millions d’euros.

AFP